Noir et or de Michèle Gazier et Pierre Lepape

 

n

hh

Issue d’un milieu modeste, Juliette a tout pour elle. Excellente élève, elle est belle, intelligente, obstinée. Elle intègre Sciences Po, cornaquée par le père d’un copain de lycée qui a ses entrées dans le monde politique et lui trouve un point de chute à Paris, chez François de Maule. Ce dernier pourrait être son père, il tombe amoureux d’elle. Guidé par son amant, Juliette fait ses premiers pas au ministère de la Santé. Elle ne tarde pas à s’y faire remarquer par son intelligence et sa roublardise, allant jusqu’à monter une magouille portant sur le trafic de médicaments périmés. Ni vu, ni connu. Tout irait à merveille dans cette réussite fulgurante s’il n’y avait la jalousie de François…

Roman de l’ambition et de la revanche sociale, Noir et Orest une histoire d’aujourd’hui, qui fait écho à ce classique de la littérature qu’est Le Rouge et le Noir, de Stendhal.

extrait

mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Babelio de m’avoir fait confiance lors de la dernière masse critique qui est si connue et si prisée.

Lorsque j’ai reçu le livre, j’en étais toute émoustillée !  J’ai trouvé la couverture vraiment belle dans sa simplicité, poétique,d’une certaine manière, grâce à ses couleurs (j’adore tout ce qui brille!). À ma grande surprise, le noir et l’or ressortaient vraiment bien sur la photo de couverture. Si je me suis longtemps questionnée quant à l’origine de ce titre, j’en ai finalement compris le sens au fil des pages (ou en tout cas je m’en suis fait ma propre analyse). Le noir, représente la part malsaine qui habite notre personnage principal, la partie dérangeante du récit et le côté dramatique du monde dans lequel nous évoluons. Tandis que l’or représente l’appât, l’envie, l’orgueil et la face visible de l’iceberg. Le beau, le glorieux, l’envieux… Titre et histoire qui renvoient aussi à Stendhal in « Le Rouge et le Noir » (Peut-être un peu trop d’ailleurs ?)

J’étais assez sceptique concernant les débuts du livre, je l’avoue, puisque je n’appréciais pas forcément l’univers dans lequel les auteurs tentaient de m’embarquer. Pourtant, d’ordre général j’adore vraiment ce genre de livres qui parlent de faits divers, de faits dérangeants dont on se doute mais que l’on fait semblant de ne pas voir. J’apprécie beaucoup l’économie, le droit et le monde politique. Même si le troisième point me répugne plus qu’il ne m’appâte. La plume des auteurs est très belle, très simpliste mais en même temps recherchée. Nous buvons les mots, nous les engloutissons. Les pages se tournent et se lisent vraiment vite et l’absence de chapitres fait que nous n’avons pas de repères « chronologiques » (généralement, lorsqu’on lit nous nous disons « Allez, je finis ce chapitre et j’arrête » ; ici sans chapitre il est plus dure de s’arrêter au beau milieu d’une phrase…). J’étais donc assez septique concernant ce livre puisque je me demandais si ce genre de thème pouvait donner du pep’s à un récit puisque c’est tout de même un thème… Lourd.

En règle générale, nous ne sommes pas forcément intéressés par les questions de politique et de mœurs, d’économie et autres. Le thème ne me parlait franchement pas des masses (Bien que j’apprécie l’étudier en cours). Mais je me suis quand même laissé embarquer dans l’histoire de cette jeune femme, Juliette. Fille de parents issus d’une classe sociale inférieure à ce qu’elle aspire. Ambitieuse, intelligente mais aussi déterminée son rêve à elle est de parvenir à briller dans la société. Cependant, ses parents (sa mère d’origines algériennes et simple caissière dans un supermarché ainsi que son père pépiniériste) représentent un poids pour elle  et l’empêchent de prendre son envol. C’est avec acharnement, travail et concessions qu’elle parvient enfin à toucher le but de sa vie : Elle parvient enfin à trouver une minuscule place auprès d’un politicien influent qui va vite devenir son amant. Nous suivons donc Juliette dans ses déboires et tentons tant bien que mal de comprendre ses agissements. Sa soif de pouvoir en devient déstabilisante, flirtant parfois même avec la paranoïa. Juliette nous apparait comme une simple coquille vide, égoïste et vengeresse, qui n’agit que par pur intérêt. Ai-je aimé ce livre ? En me posant cette question aucune réponse ne me vient. Autant, j’ai adoré voir à travers les yeux de Juliette ce que le monde politique et économique nous cachent.  Au fond, qui sont ces personnes qui nous gouvernent et se chargent de notre argent ? J’ai été outrée de participer aux agissements destructeurs de Juliette, à cette manie qu’elle a de vouloir tout contrôler et d’être constamment sur le fil du rasoir. J’ai été déçue de déceler une part de vérité dans ce livre concernant la fraude aux médicaments destinés aux plus nécessiteux : Dans noir et or, une totale machination se fait autour des médicaments destinés aux pays pauvres qui en ont grand besoin. Ici, ils changent la date de péremption des médicaments pour éviter de gaspiller et engendrer des frais supplémentaires inutiles. Cela ne nuit en rien à la santé des malades mais, cela réduit leurs effets. Dans la réalité, il existe les contrefaçons et sûrement d’autres choses que nous ne soupçonnons pas.

Nous côtoyons ces hommes riches, puissants, dangereux qui se prennent pour les rois du monde. Jouant avec les sentiments, la vie et la santé des autres pour un simple pécule. Nous nous rendons compte de la place que prennent les femmes dans ce monde très fermé et prisé. Elles occupent la place de l’appât, de la  bonne et docile maîtresse. La femme donne ses idées à son amant, mais reste dans l’ombre pour ne pas éclipser la gloire de celui-ci. Je n’ai pas compris ce personnage principal, pratiquement sadique envers elle-même, qui préfère quitter amour  et tendresse pour un monde de brute qui ne lui apporte que des misères. Et je n’ai certainement pas approuvé cette fin brutale, qui me laisse sur une faim de loup. Une fin, certes qui donne le sourire tant elle nous enlève un poids au cœur, mais qui nous laisse un léger goût amer « Tout ça pour ça ! ». J’aurai d’autant plus apprécié tomber au cœur d’une tourmente économique et politique, d’un boum qui ébranle tout les édifices et fait repentir notre personnage principal à la toute fin. J’aurai préféré tomber au cœur d’un complot, plutôt qu’au cœur d’une histoire d’amour qui tourne mal…

orange = moyen
orange = moyen
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s