La couleur des sentiments de Kathryn Stockett

 

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Dans les années 1960, Aibileen, domestique noire de 53 ans chargée d’élever les bébés des familles blanches, Minny, autre domestique noire, rebelle mais soumise à la violence de son mari ivrogne, et Eugenia « Skeeter » Phelan, 23 ans, jeune femme blanche, fille des propriétaires d’une plantation de coton, racontent tour à tour leur existence à Jackson, capitale de de l’État du Mississippi. Le Mississippi est alors considéré comme l’état le plus dur des États-Unis à l’égard des populations noires. Skeeter, après ses études universitaires, est de retour à la maison familiale et cherche notamment à savoir ce qu’est devenue Constantine, la bonne qui l’a élevée, et à laquelle elle était très attachée, qui a quitté le service de la maison et a disparu sans laisser de traces. Par une prise de conscience qui bouleverse sa vision de la société où elle est née, elle est peu à peu amenée à prendre ses distances envers les attitudes discriminantes des siens en donnant la parole aux bonnes noires employées par son entourage, à une époque où, dans cet État, les relations entre Blancs et Noirs étaient punies par la loi1. Elle entraîne une douzaine d’entre elles dans un projet de rédaction de livre de témoignages sur la façon dont les bonnes noires voient leur relation au quotidien avec les familles qui les emploient.

mon avis

Ce livre traînait dans ma bibliothèque depuis au moins deux ans. Malgré le fait que j’avais vu et grandement apprécié le film, l’envie de lire l’ouvrage ne m’avait jamais effleurée l’esprit. J’avais tout simplement peur d’en être déçue. Généralement, c’est assez bête je le concède, je n’aime pas suivre « la mode » est ne me jette pas sur LE livre du moment qui fait fureur. Tout simplement car la plupart du temps, je suis toujours déçue par ce que j’y découvre. Je place toujours la barre très haut et me dit « Puisqu’il est si connu il doit être G.E.N.I.A.L ». J’aime aussi me faire ma propre opinion, ne pas être influencée par les « on dit ». J’apprécie faire mes propres découvertes, lire des livres pour le moment inconnus mais qui ne tarderont pas à l’être. J’avoue que c’est bête, que je passe ainsi à côté de nombreuses histoires qui valent le détour. J’admet aussi me faire passer pour « une » ignare qui n’a pas encore lu les grands classiques. Cependant, en ce moment j’éprouve le besoin de combler ce manque de culture livresque qui me fait défaut.J’ai envie de découvrir des livres un peu plus profonds que de simples livres « dytopiques » (attention, je ne dénigre absolument pas ce thème!). Je me tourne vers des livres aux sujets plus graves et moins frivoles.  C’est l’ouvrage de Kathleen Grissom « La colline aux esclaves » qui m’a découvert cette passion pour les années « noires ».

La couleur des sentiments, avant d’être un coup de coeur littéraire est avant tout un coup de poing en plein coeur. C’est ce genre de livres qui ne nous laissent pas indifférents. Il est d’autant plus touchant qu’il relate les années sombres de notre histoire. Aujourd’hui encore je me demande comment nous en sommes arrivés là. Comment peut-on être aussi cruels et barbares alors que la vie offre une chance inespérée de répandre le bien autour de nous. Ce livre c’est le témoignage de la débilité humaine ainsi que de sa lâcheté.

Il m’est difficile d’écrire une chronique tant il y a à dire mais, les mots me manquent presque. Tout se bouscule dans ma tête et finalement rien ne sort. Il y a tant à dire et pourtant je n’en fait pas assez.

Durant ma lecture je suis passée par plusieurs stades, je suis passée du rire aux larmes, de la colère à la tendresse, de la haine à l’amour et vice et versa. J’ai pleuré, sans retenue. J’ai eu le coeur serré à maintes reprises, j’ai regretté la fermeture de cet ouvrage.

La couleur des sentiments c’est l’histoire de plusieurs personnes, de plusieurs familles des états unis dans les années 1960. C’est le porte parole de toutes les « bonnes noires » qui ont travaillées chez les « bonnes familles blanches ». Ce livre nous dépeint avec brio la lâcheté de ceux qui acceptent sans rechigner, sans se rebeller. De ceux qui, effrayés, préfèrent se préserver plutôt que de défendre une cause noble et juste. Ceux qui suivent et n’ont pas de libre arbitre. Ce livre, c’est la voix de ceux qui se rebiffent. Ceux qui croient en un monde plus juste, ceux qui n’attendent pas mais agissent. Ainsi, Aibi, Minny, Miss Skeeter et toutes les autres sont le symbole de la rébellion. Sont le symbole des âmes justes.Leur destins a été celui de milliers d’autres. Mais avant tout, ce livre est un appel à la paix. Il nous explique qu’il ne faut pas juger sans savoir ni connaître. Que l’image que donne quelqu’un n’est pas souvent la véritable vérité. Il nous permets de comprendre que nous sommes maître de nos vies, que nous pouvons décider de faire le mal ou le bien.Il nous inculque la tolérance, le respect. C’est un bel hommage à tout ceux qui se battent pour la liberté, au prix de leur vie, au prix de leur liberté.

Cela fait mal de voir qu’encore aujourd’hui, le racisme fait ravage et l’ignorance détruit des vies. C’est navrant de voir qu’aux états unis – et partout dans le monde – , les mentalités n’ont toujours pas changées. On interdit l’accès à un métro à des « noirs », on les amassent dans des ghettos, on leur incombent la responsabilité des innombrables délits commis. On ferme les frontières alors qu’ils demandent de l’aide… Dans quel monde vit-on ?

 Lire ce livre permettrait peut-être de leur ouvrir les yeux à ces gens qui se pensent supérieur aux autres.

Je clôture ma « chronique » avec une phrase qui me hante encore. En allant au travail avec mon livre sous mon bras, mon patron m’a dit « Alors, pour toi ils sont de qu’elle couleur les sentiments ? ». Je ne lui ai pas répondu, sur le coup je n’avais rien à lui répondre. Mais, en y réfléchissant la réponse est simple : Les sentiments n’ont pas de couleurs. Ils sont translucides, limpides. Tout le monde éprouvent les mêmes sentiments. Les sentiments nous rapprochent et font de nous des êtres humains avant d’être des êtres de couleurs.

cit

vert = très bon

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2 réflexions sur “La couleur des sentiments de Kathryn Stockett

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