La douleur du silence – Marie-Béatrice Ledent

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A 13 ans, Martine Croin n’est qu’une jeune fille comme les autres. Contrainte de quitter sa ville et son passé pour le bien de la famille, elle s’apprête à découvrir sa nouvelle école. Devant le changement, elle se sent désarmée et s’enferme dans le silence. Mais ses nouveaux camarades de classe la considèrent comme une proie facile. Pour exorciser sa souffrance, Martine va se trouver un dangereux échappatoire…

mon avis

Je remercie énormément l’auteure pour cet envoi. Je tiens aussi à lui présenter de nouveau mes excuses pour la publication de cette chronique en retard.

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silence_anabagayan-480x673La douleur du silence est un livre en auto édition (peut-être plus pour longtemps qui sait?) qui me tentait énormément de par son thème : le harcèlement scolaire. Particulièrement touchée par ce thème, je sais par le biais de personnes qui me sont proches à quel point le harcèlement scolaire peut être dévastateur chez l’adolescent et compromettre l’évolution future de l’adulte. C’est un thème à double tranchant : sois on l’aime, sois on le déteste. Cependant, on ne nie pas un fait : ce genre ne laisse pas indifférent. J’ai pu parler un peu avec l’auteure, ce n’est pas une démarche autobiographique comme l’on pourrait croire à l’ouverture du livre, mais un réel dessein de faire prendre conscience à ses lecteurs la portée d’une parole moqueuse sur quelqu’un. Avant tout un ouvrage coup de gueule/coup de poing, electrochoc pour parvenir à faire évoluer (peut-être) les mentalités. C’est un thème qui finalement n’a jamais réellement été boosté en littérature, certainement car il  à le pouvoir de déranger autant qu’il déboussole : parfois certaines situations nous renvoient en pleine poire nos  côtés les plus vils. Penser qu’un petit gamin, encore au collège,puisse – en étant galvanisé par l’effet de groupe – faire preuve d’autant de haine envers un autre gosse du même âge : c’est pratiquement inconcevable, incroyable. La douleur du silence comporte cette part de non crédibilité, puisque les scènes subies par la protagoniste (Martine)/victime à cause de ses camarades de classe semblent parfois tirées par les cheveux : bousculades, moqueries, être rabaissé… originalpuisque ce côté sombre est toujours nuancé par la nature optimiste presque candide de la petite qui malgré son visible mal être continu de vivre comme si. Aux côtés de Martine, nous nous enfonçons nous aussi dans sa détresse, dans sa solitude qui la pèse et la ronge. L’on pourrait croire qu’elle se complaît dans le silence,hors, parler de ses problèmes à l’école ne lui est pas permis. Par peur d’alourdir les problèmes existants de ses parents, par peur de représailles, par honte.. Jusqu’à ce que finalement cette douleur apparaisse comme nécessaire, méritée. Martine ne subie plus, elle accepte son état de victime, ne peut que s’enfermer dans cet éternel et inlassable cycle de brimades. Pour alléger ses souffrances, Martine trouve une échappatoire : la scarification. Encore un thème peu répandu en littérature, qui pourtant prend énormément d’ampleur dans notre société actuelle. Les problèmes d’ordre moral, entraînent aussi des problèmes physiques de type anorexie voire boulimie. Finalement, le harcèlement bouffe,ronge, au point parfois de pousser les jeunes à commettre l’irréparable. Ainsi, résonne dans nos mémoires l’histoire de Marion Fraisse porte parole de ceux qui resteront des victimes de l’ombre.

Marie Béatrice Ledent mêle le destin de son personnage (Martine) à celui de milliers d’autres, n’ayant que le silence comme ami, que la souffrance comme ennemie. C’est certainement ce genre d’ouvrages que l’on doit, désormais, faire lire aux enfants au collège/lycée, pour favoriser une sensibilisation qui tarde à arriver dans le corps enseignant. Beaucoup trop d’adultes ferment les yeux sur les agissements des élèves entre eux, prétextant « nous avons près de 300 élèves à surveiller ». En ayant une classe X fois dans la journée,à X heures, ce n’est pas possible (selon moi) de ne pas voir les agissements des uns envers les autres. Maintenant, le harcèlement s’est comme institutionnalisé, c’est presque devenue une règle régit par la loi du silence : ne pas révéler sous peine de représailles plus lourdes, ne pas réagir car on ne sait pas quoi faire : de toute manière, on le sait,les enfants entre eux sont méchants.  Je pense qu’il est bon qu’il y ait des voix comme Marie Béatrice qui s’élève parmi les autruches qui s’enterrent dans le sable,pour montrer que non, les élèves français ne sont pas heureux dans un cursus scolaire lambda, qu’ils sont parfois délaissés.

680167e8ec3e3e377af4adeb3daaba54Si j’ai beaucoup apprécié ma découverte,, la douleur du silence n’a  pas été un coup de coeur pour moi pour de multiples raisons. J’ai trouvé le texte un tantinet fade, il m’a manqué du relief, un lien plus fort entre le personnage principal et moi même. C’est un sujet très difficile à manier du fait qu’il n’y a pas d’action à proprement parler, le fil conducteur tient essentiellement sur notre empathie . Alors certes, l’auteure a relevé le défi de ne pas tomber dans le larmoyant, d’émouvoir le lecteur sans tomber toujours plus dans le pathos. Cependant, j’avais l’impression parfois que les choses étaient survolées et qu’elles tournaient assez vite en rond. Les pensées du personnage n’étaient peut être pas assez frappantes, porteuses d’une bonne leçon morale comme je m’y attendais. Finalement, aucune citation n’a retenue mon attention.  Ces quelques éléments là on fait que ma lecture s’est un peu allongée, par moment ont provoqué mon ennui. Ce qui est extrêmement dommage puisque le fond était là!

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orange = moyen
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