La mulâtresse solitude de andré schwarz bart

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Elle n’est ni noire ni blanche. Solitude, la fille mulâtresse d’une Africaine arrachée à son village par des trafiquants d’esclaves, est condamnée à servir les Blancs. Mais dans ses veines brûle le feu de la révolte. Aux côtés de Maïmouni et des troupes noires cachées dans les forêts de la Soufrière, elle lutte pour la liberté.

Un vibrant hommage à une femme de légende de l’histoire des Antilles.

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Comme vous le savez, peut-être ou peut-être pas, j’aime beaucoup le thème de l’esclavagisme. C’est pourquoi, je n’ai pas hésité a suivre un cours sur le mythe du marron pour ma première année en fac de lettres (quoi rêver de mieux?). Grâce à ce cours de littérature comparée, qui a confirmé mon goût pour ce thème en particulier, j’ai découvert énormément de choses sur cette période noire et honteuse de notre histoire.

Mon cours portait donc sur le mythe du marron, cet esclave (ici guadeloupéenne) qui se rebelle (ou tente de se rebeller) pour une liberté qui n’aurait jamais du lui être bridée. Il existe donc deux types de marronnages (fait de s’enfuir de la plantation) : le petit et le grand marronnage.

Le marronnage est, selon le Code noir, puni par la mutilation puis par la mort à la troisième récidive (petit marronnage). Dans la pratique, il est toléré lorsqu’il se limite à de très courtes absences. (grand marronnage) En revanche, dès qu’il donne lieu à la création de petites communautés isolées, il est l’objet d’une répression que seul le manque de moyens tempère.

g370En retournant à l’article précédant sur le même thème, je vous ai présenté « le royaume de ce monde » d’alejo Carpentier mettant en avant les figures phares d’esclaves révoltés ayant péri avec honneur et s’étant élevés contre une oppression toujours plus dévastatrice. Grâce à Mackandal, élevé au rang de mythe, notre vision de l’esclave est magnifiée. Alejo et André nous montrent un tout autre point de vue que l’occident tient à nous montrer : l’esclave n’est donc plus animalisé, rabaissé, stéréotypé, par une vision colonialiste toujours très présente dans notre société actuelle dans l’art&la culture.  Et oui, souvent et surtout dans les séries TV américaines, deux versions de l’esclave s’opposent : le soumis qui accepte son destin, le rebelle qui prend les armes et fait carnage autour de lui pour signer un début tant espéré de vendetta. Mais, cette idée ne représente certainement pas la vérité, il est bon d’avoir deux opinions distinctes qui s’assemblent pour fournir un tableau d’ensemble. Car, dans une histoire, il y a toujours des points de vue divergents.

nannyAndré Swcharz Bart, lui à fait une pierre deux coups. Il s’est lui aussi centré sur la construction d’un mythe (celui du marron) mais surtout, il a décidé de raconter l’histoire d’une femme esclave. Les femmes, Quel que soit le siècle auquel nous sommes, quel que soit l’époque,quelque soit les mentalités, ne représentent qu’un minorité parmi la minorité.Souvent laissées pour compte, les femmes esclaves ne sont que peu représentées dans l’hommage littéraire. Et pourtant, il n’en reste pas moins qu’à leur manières elles ont eu tout autant un rôle important à jouer dans la libération d’un peuple à l’agonie.

Une représentation dominante des femmes Marrons qui a injustement marqué leur profil est leur représentation en tant que captives passives prises lors des attaques de plantations que les hommes Marrons conduisaient. Ceci est une interprétation eurocentrique des faits. Le point le plus important qu’il faudrait souligner, cependant, est que le fait de prendre les femmes était l’acte ultime de résistance à l’esclavage. Leur nouvelle vie dans les camps Marrons, même si grandement restreinte par les hommes qui les avaient libérées, était bien meilleure que la vie qu’elles menaient lors de l’esclavage. Les femmes Marrons de la région, même si en petit nombre par rapport aux hommes, méritent leur place dans l’histoire en tant qu’« héroïnes » de la Diaspora africaine pour les multiples façons profondes dont elles ont utilisé le marronnage afin de résister à l’esclavage.

dossier_peda_4_2La mulâtresse solitude,avant d’être un personnage de roman,est un emblème/une icône très important(e) dans l’histoire de la guadeloupe et possède même sa propre statue. Esclave marronne, elle a mené combat auprès de grands personnages historiques (exemple : Louis Delgrès). Enceinte au moment de sa résistance, elle a été capturée, elle a accouchée,puis a été tuée pour motif de rébellion.

Née vers 1780, la Mulâtresse Solitude est l’une des figures historiques des rébellions de 1802 contre le rétablissement de l’autorité de Lacrosse, capitaine-général de la Guadeloupe nommé par Napoléon Bonaparte, qui avait été expulsé en octobre 1801 à la suite d’un putsch des officiers de couleur de l’armée. Le peu que l’on sait d’elle provient de l’ouvrage Histoire de la Guadeloupe d’Auguste Lacour (1805-1869).

Article 

statue20en20piedLe livre d’André Swchartz Bart est finalement assez déçevant et très déroutant dans l’ensemble. Le style d’écriture y fait pour beaucoup et l’envie de mysticisme accru rend l’ouvrage complexe a suivre et à apprécier. Nous n’arrivons pas à nous rapprocher de ce personnage insaisissable, qui avant d’être surnommée « la mulâtresse solitude » était bel et bien une personne de chair et d’os. Rosalie, née d’un père blanc et d’une mère noire, lors des fameuses pariades. Cette femme, dès le jour de sa naissance, à été marquée du sceau de la nécessité de combattre pour sa survie. Ni trop blanche pour se faire accepter parmi les colons, ni trop noire pour se faire accepter parmi les esclaves noirs, Rosalie est une jeune fille de l’entre deux. Surnommée deux âmes du fait de sa particularité (yeux vairons), Rosalie impressionne autant qu’elle désole. C’est d’une étrange façon qu’André à dépeint ce personnage emblématique. Nous avons l’impression tout au long du livre que ses actes ne sont pas délibérés, qu’elle est toujours en proie à la folie, que son seul souhait est de retrouver un jour cette mère qui ne pouvait pas l’aimer. Etrange donc,venant de cet auteur, de déconstruire un personnage pour dénoncer un courant qui lui est cher : celui de la diaspora africaine. Finalement, l’essence même de l’oeuvre ne peut être comprise totalement à l’image même de ce qu’à été ce massacre immoral. Ce qui est certain, c’est que l’ouvrage ne laisse pas indifférent. Il nous laisse nous aussi une certaine forme de marquage au fer ,et nous inculque un certain devoir de mémoire. Figures de l’ombre qui doivent être enfin mises au jour,pour briller de par leur actes et leur courage! C’est une belle initiative de ces auteurs d’enfin leur donner une voix et de restranscrire ce qu’à été leur voie.

La diaspora africaine est une population qui résulte de la déportation d’Africains à l’époque de la traite esclavagiste du XVI e au XIX e siècle et de leurs descendants à travers le monde d’une part, et du phénomène d’émigration d’autre part.

Si le sujet vous intéresse, mais que ce livre ci un peu moins, sachez que l’UNESCO a publié une courte bande dessinée plutôt bien réussie sur l’histoire de la mulâtresse solitude que je vous recommande de feuilleter  en cliquant : ici!

hhhhhh

orange

orange = moyen

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2 réflexions sur “La mulâtresse solitude de andré schwarz bart

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