Panic – Le jeu de la peur de Lauren Oliver

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Les règles de Panic sont simples. Tout le monde peut participer. Mais il n’y aura qu’un seul vainqueur. » Carp, une petite ville minable de l’État de New York. Chaque été, tous ceux qui viennent de terminer le lycée peuvent participer à « Panic », une succession d’épreuves plus dangereuses les unes que les autres. L’enjeu est de taille : une cagnotte de plus de cinquante mille dollars. Personne ne sait qui a inventé ce jeu, ni qui en fixe les règles. Cet été, Heather entre dans la compétition par dépit amoureux, Elle pourrait, si elle gagne, quitter le mobile-home sordide où elle vit avec une mère paumée et droguée, et emmener avec elle sa sœur, Lily. Dodge, lui, a une autre raison de participer au Jeu de la Peur : venger sa sœur, qui a fini dans un fauteuil roulant, après une épreuve d’une précédente session de Panic. Manipulations, trahisons, révélations : cet été sera celui de tous les dangers.

mon avis

Lauren Oliver est l’auteur du fameux diptyque « délirium » un monde futuriste dans lequel l’amour y est  interdit -que je recommande fortement-. C’est une auteure qui m’avait beaucoup marquée par son talent inné de narratrice et à l’époque délirium avait été un véritable coup de coeur. J’avais donc hâte d’entamer un nouvel univers de cette même auteure. Cependant, si Panic ne m’avait pas été offert,je ne vous cache pas qu’il ne m’aurait pas plus que ça attirée. Je trouve la couverture assez simpliste et les variances de couleurs ne sont f7wikbbbk7y_x_5imw3uxe7celipas à mon goût. D’ailleurs, à bien y réfléchir cette couverture française ne reflète en rien le contenu et le propos même du livre. Je me suis aussi fortement éloignée des romans que propose Hachette dans sa collection Black moon pour la simple et bonne raison que la plupart sont destinés à un public âgé aux environs de 16 ans. J’ai eu quelques difficultés depuis quelques temps à lire ce genre car j’avais une envie irrépressible d’ailleurs, une soif de savoirs, que ce genre de livres ne me procurait plus.Cela ne veut absolument pas dire que les livres de la collection Black Moon sont nuls, qu’ils sont expressément tournés vers un jeune public, ou qu’ils sont gnian-gnian, ce n’est absolument pas ce que je sous entend. La preuve,sinon, je n’aurai pas entamé ce livre en question. Lecture qui s’est révélée à moi : après des semaines intensives de partiels et une année de lectures tout de même difficiles par leur thème, j’avais besoin d’un livre sans prise de tête, avec un peu d’action, qui se lise en une journée.

cvt_addict_8148Panic surfe sur la vague qui faisait fureur il y a un moment des suites d’Hunger games. Il m’a beaucoup fait penser à « Addict » qui avait été adapté sous le nom de « nerve » au cinéma. Panic est un jeu d’été qui fait frissonner des jeunes d’une petite bourgade. Personne ne sait qui a inventé ce jeu, ni même qui le surveille/le contrôle.Les jeunes qui y participent doivent relever les défis les plus fous et les plus dangereux. A la clé, un seul gagnant, et une belle somme. Malgré les vestiges dramatiques des saisons précédentes (un grave accident de la route ayant rendu une concurrente paraplégique),le jeu fait sensation auprès des jeunes en quête d’action. Heather, qui pourtant est d’un naturel craintif (et un peu plus intelligente), se décide à participer pour la première fois au jeu en compagnie de sa meilleure amie Nat. Nous suivons donc ses péripéties en parallèle de celle d’un personnage masculin : Dodge, qui garde rancune contre ce jeu.

Le livre est plaisant à lire sans toutefois être transcendent. Les évènements sont certainement un peu lents à se mettre en place, l’action parfois plate. Il n’y a pas un bon équilibre entre les chapitres :plusieurs chapitres seront extrêmement longs et lents quand d’autres se dérouleront vraiment vite voire trop vite.Le changement narratif,des points de vue, n’a aucun impact sur notre lecture. La troisième personne est toujours constante Quel que soit le PDV auquel nous nous trouvons, du fait le découpage en chapitre (qui nous indique toujours sous quel PDV nous sommes) ne sert strictement à rien. Les personnages ne sont ni attachants ni « attachiants », je n’ai pas réussi à me projeter complètement à leurs côtés. Le personnage d’Heather est un personnage type : la gentille fille modèle devenant une femme rebelle. Nous retrouvons donc un schéma essentiel : celui du vieillissement/changement psychologique du personnage principal. Si ce changement n’a pas été perspectible concernant Dodge, il l’a clairement été pour Heather ce que j’ai beaucoup apprécié. Heather au début du livre était une gosse perdue, qui se cherchait, puis à la fin elle s’est enfin trouvée. 16b790b8Si comme peut l’indiquer le titre « Panic » l’on pourrait penser tomber dans une véritable tourmente, à la limite du livre d’épouvante, les défis relevés par les adolescents sont à la hauteur de mes attentes  : ni trop hard,  faisables, et non tirés par les cheveux. Certains lecteurs ont déploré le manque d’épreuves terribles, accusant qu’il n’y ait pas assez d’hémoglobine ni quoi que ce sois. Personnellement, je pense que les défis étaient bien dosés et bien imaginés, qu’ils auraient pu faire réellement peur au lecteur. Le principal bémol, c’est certainement la narration : qui ne fait pas assez passer de sentiments à son lecteur. La peur, l’étonnement, la colère, les difficultés que les personnages vivent ne sont pas assez enveloppés par la narration, ni même portés pour nous faire sentir ce que l’on devrait sentir au moment des fameux défis.

Autre manquement, qui a certainement fait plonger le récit dans une forme d’invraisemblance, c’est l’absence des adultes/des parents des personnages. Certes, les personnages principaux vivent dans un milieu difficile (alcoolisme, absentéisme…). Le problème des parents a été éludé en nous imposant une structure familiale en perdition. Nous pouvons donc comprendre l’absence des parents des deux personnages principaux.Mais où sont ceux des personnages secondaires ? Ceux de Nat, ceux du meilleur ami ? test-need-for-speedLes gosses sont jeunes, mais livrés à eux même. Et cela donnait l’impression que les personnages étaient tout simplement plus vieux qu’ils ne l’étaient. Point d’interrogation concernant la présence (ou non d’ailleurs) de la police, très présente dès le début du roman lors de rapts en pleins jeux qui bouleversent les joueurs, mais brillante par son absence à la fin du récit…

C’est une lecture qui n’est pas la meilleure du monde, elle révèle beaucoup de petites imperfections. Cependant, la trame de l’histoire (bien que beaucoup exploitée du fait de la mode) embarque le lecteur d’une manière ou d’une autre. Nous tournons les pages pour connaître le fin mot de toute cette histoire, même si nous anticipons chacun des évènements, lire nous procure une sérénité non estimable. C’est un livre plaisant, que l’on ne retient pas en mémoire, qui finalement nous laisse assez dubitatif. C’est un roman égal : ni bon, ni mauvais.

orange

orange = moyen

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