Panic – Le jeu de la peur de Lauren Oliver

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Les règles de Panic sont simples. Tout le monde peut participer. Mais il n’y aura qu’un seul vainqueur. » Carp, une petite ville minable de l’État de New York. Chaque été, tous ceux qui viennent de terminer le lycée peuvent participer à « Panic », une succession d’épreuves plus dangereuses les unes que les autres. L’enjeu est de taille : une cagnotte de plus de cinquante mille dollars. Personne ne sait qui a inventé ce jeu, ni qui en fixe les règles. Cet été, Heather entre dans la compétition par dépit amoureux, Elle pourrait, si elle gagne, quitter le mobile-home sordide où elle vit avec une mère paumée et droguée, et emmener avec elle sa sœur, Lily. Dodge, lui, a une autre raison de participer au Jeu de la Peur : venger sa sœur, qui a fini dans un fauteuil roulant, après une épreuve d’une précédente session de Panic. Manipulations, trahisons, révélations : cet été sera celui de tous les dangers.

mon avis

Lauren Oliver est l’auteur du fameux diptyque « délirium » un monde futuriste dans lequel l’amour y est  interdit -que je recommande fortement-. C’est une auteure qui m’avait beaucoup marquée par son talent inné de narratrice et à l’époque délirium avait été un véritable coup de coeur. J’avais donc hâte d’entamer un nouvel univers de cette même auteure. Cependant, si Panic ne m’avait pas été offert,je ne vous cache pas qu’il ne m’aurait pas plus que ça attirée. Je trouve la couverture assez simpliste et les variances de couleurs ne sont f7wikbbbk7y_x_5imw3uxe7celipas à mon goût. D’ailleurs, à bien y réfléchir cette couverture française ne reflète en rien le contenu et le propos même du livre. Je me suis aussi fortement éloignée des romans que propose Hachette dans sa collection Black moon pour la simple et bonne raison que la plupart sont destinés à un public âgé aux environs de 16 ans. J’ai eu quelques difficultés depuis quelques temps à lire ce genre car j’avais une envie irrépressible d’ailleurs, une soif de savoirs, que ce genre de livres ne me procurait plus.Cela ne veut absolument pas dire que les livres de la collection Black Moon sont nuls, qu’ils sont expressément tournés vers un jeune public, ou qu’ils sont gnian-gnian, ce n’est absolument pas ce que je sous entend. La preuve,sinon, je n’aurai pas entamé ce livre en question. Lecture qui s’est révélée à moi : après des semaines intensives de partiels et une année de lectures tout de même difficiles par leur thème, j’avais besoin d’un livre sans prise de tête, avec un peu d’action, qui se lise en une journée.

cvt_addict_8148Panic surfe sur la vague qui faisait fureur il y a un moment des suites d’Hunger games. Il m’a beaucoup fait penser à « Addict » qui avait été adapté sous le nom de « nerve » au cinéma. Panic est un jeu d’été qui fait frissonner des jeunes d’une petite bourgade. Personne ne sait qui a inventé ce jeu, ni même qui le surveille/le contrôle.Les jeunes qui y participent doivent relever les défis les plus fous et les plus dangereux. A la clé, un seul gagnant, et une belle somme. Malgré les vestiges dramatiques des saisons précédentes (un grave accident de la route ayant rendu une concurrente paraplégique),le jeu fait sensation auprès des jeunes en quête d’action. Heather, qui pourtant est d’un naturel craintif (et un peu plus intelligente), se décide à participer pour la première fois au jeu en compagnie de sa meilleure amie Nat. Nous suivons donc ses péripéties en parallèle de celle d’un personnage masculin : Dodge, qui garde rancune contre ce jeu.

Le livre est plaisant à lire sans toutefois être transcendent. Les évènements sont certainement un peu lents à se mettre en place, l’action parfois plate. Il n’y a pas un bon équilibre entre les chapitres :plusieurs chapitres seront extrêmement longs et lents quand d’autres se dérouleront vraiment vite voire trop vite.Le changement narratif,des points de vue, n’a aucun impact sur notre lecture. La troisième personne est toujours constante Quel que soit le PDV auquel nous nous trouvons, du fait le découpage en chapitre (qui nous indique toujours sous quel PDV nous sommes) ne sert strictement à rien. Les personnages ne sont ni attachants ni « attachiants », je n’ai pas réussi à me projeter complètement à leurs côtés. Le personnage d’Heather est un personnage type : la gentille fille modèle devenant une femme rebelle. Nous retrouvons donc un schéma essentiel : celui du vieillissement/changement psychologique du personnage principal. Si ce changement n’a pas été perspectible concernant Dodge, il l’a clairement été pour Heather ce que j’ai beaucoup apprécié. Heather au début du livre était une gosse perdue, qui se cherchait, puis à la fin elle s’est enfin trouvée. 16b790b8Si comme peut l’indiquer le titre « Panic » l’on pourrait penser tomber dans une véritable tourmente, à la limite du livre d’épouvante, les défis relevés par les adolescents sont à la hauteur de mes attentes  : ni trop hard,  faisables, et non tirés par les cheveux. Certains lecteurs ont déploré le manque d’épreuves terribles, accusant qu’il n’y ait pas assez d’hémoglobine ni quoi que ce sois. Personnellement, je pense que les défis étaient bien dosés et bien imaginés, qu’ils auraient pu faire réellement peur au lecteur. Le principal bémol, c’est certainement la narration : qui ne fait pas assez passer de sentiments à son lecteur. La peur, l’étonnement, la colère, les difficultés que les personnages vivent ne sont pas assez enveloppés par la narration, ni même portés pour nous faire sentir ce que l’on devrait sentir au moment des fameux défis.

Autre manquement, qui a certainement fait plonger le récit dans une forme d’invraisemblance, c’est l’absence des adultes/des parents des personnages. Certes, les personnages principaux vivent dans un milieu difficile (alcoolisme, absentéisme…). Le problème des parents a été éludé en nous imposant une structure familiale en perdition. Nous pouvons donc comprendre l’absence des parents des deux personnages principaux.Mais où sont ceux des personnages secondaires ? Ceux de Nat, ceux du meilleur ami ? test-need-for-speedLes gosses sont jeunes, mais livrés à eux même. Et cela donnait l’impression que les personnages étaient tout simplement plus vieux qu’ils ne l’étaient. Point d’interrogation concernant la présence (ou non d’ailleurs) de la police, très présente dès le début du roman lors de rapts en pleins jeux qui bouleversent les joueurs, mais brillante par son absence à la fin du récit…

C’est une lecture qui n’est pas la meilleure du monde, elle révèle beaucoup de petites imperfections. Cependant, la trame de l’histoire (bien que beaucoup exploitée du fait de la mode) embarque le lecteur d’une manière ou d’une autre. Nous tournons les pages pour connaître le fin mot de toute cette histoire, même si nous anticipons chacun des évènements, lire nous procure une sérénité non estimable. C’est un livre plaisant, que l’on ne retient pas en mémoire, qui finalement nous laisse assez dubitatif. C’est un roman égal : ni bon, ni mauvais.

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orange = moyen

Haig – le secret des monts rouges de Thierry Poncet

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Des tronçonneuses et de l’alcool. Voilà ce que vend l’aventurier Haig, sur sa péniche la Marie-Barjo, à travers la jungle, dans le Cambodge tout juste libéré de la guerre, depuis le fleuve Mékong jusqu’au pied des mystérieux Monts Rouges. Mais quel est cet être qui semble répandre la mort devant lui ? Qui est cette Espagnole trop sexy pour ce far-west des camps forestiers cambodgiens ? Pourquoi a-t-elle absolument voulu le suivre ?

mon avis

spJe tiens tout d’abord à réitérer mes excuses auprès de Joël pour avoir pris autant de temps à lire et à pondre une chronique sur Haig. Je le remercie aussi de nouveau pour sa confiance.

Je sais qu’en littérature, la première chose qui tape à l’oeil reste la couverture du bouquin. Celle-ci,est assez jolie cependant les écritures en rouge et jaune me dérangent un  peu. Si je n’ai pas bien compris le fait de représenter Marisol plutôt qu’Haig en première de couverture, le fond de l’image rend parfaitement hommage au voyage que nous narre Mr.Poncet. Il manque à mon goût, pour rendre le livre « objet » une petite carte du monde. J’aime l’idée de pouvoir me figurer les lieux et les espaces, d’autant plus lorsque la plupart de ceux ci  existent vraiment.

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Dans Haig et le secret des monts rouges, nous sommes transportés au Cambodge, plus particulièrement dans la capitale de Phom Penh, après la guerre civile de 1967 – 1975 ayant opposé le Vietnam et le Cambodge.

La guerre civile cambodgienne est un conflit qui opposa les forces du Parti communiste du Kampuchéa, connues sous le nom de « Khmers rouges », leurs alliés de la République démocratique du Viêt Nam (Nord Viêt Nam) et du Front national de libération du Sud Viêt Nam (dit Việt Cộng) à celles du gouvernement du Royaume du Cambodge (après octobre 1970, la République khmère), soutenue par les États-Unis et la République du Viêt Nam (Sud Viêt Nam).[…] Le gouvernement cambodgien fut principalement soutenu par des campagnes américaines de bombardements aériens massifs et des aides directes matérielles et financières. En 2009, Raoul Marc Jennar annonçait devant le tribunal chargé de juger les derniers dirigeants khmers rouges en vie, que « dans toute l’histoire de l’humanité, aucun autre pays n’a été autant bombardé que le Cambodge durant cette période »1.Après cinq années de combats acharnés, qui causèrent des pertes massives en vies humainesnote 1, la destruction de l’économie, la famine de la population et des atrocités sans nom, le gouvernement républicain du Cambodge fut renversé le 17 avril 1975 lorsque les Khmers rouges, victorieux, proclamèrent la création du Kampuchéa démocratique. […]

Nous sommes donc dans une période assez électrique, où les souvenirs/traumas de la guerre sont encore bien présents/ancrés chez les peuples. C’est dans un climat lourd qu’intervient notre héros Haig et ses acolytes qui naviguent au bord de la Marie Barjo. Sorte de pirate des temps modernes, Haig sillonne le mékong pour faire des affaires et rendre la vie après guerre moins difficile. Cependant, ce voyage risque d’être plus particulier que les précédents. En effet, il semblerait que partout où la Marie Barjo passe, des meurtres atroces soient commis.

J’ai beaucoup apprécié ma lecture qui a été vive et rapide. L’écriture de Thierry Poncet est plaisante, il ne s’épanche pas dans des descriptions longues mais parvient tout de même à faire passer une abondance de sentiments à son lecteur. Sous les traits de son personnage principal, khmer_rouge_scene_3-1f742qui est un rustre, un guerrier, un aventurier qui manie la répartie avec brio, on sent poindre une petite part d’autobiographie. J’ai directement calqué le personnage Haig à son père/auteur Thierry de manière presque automatique. Cette espèce de gros nounours au coeur de guimauve… Peut-être que je me trompe! Et peut-être qu’il ne s’agit finalement là que d’un hommage à son compagnon d’aventure : l’aventurier Cizia Zyke. Quoiqu’il en sois cette impression d d’aspect autobiographique ne s’arrête pas là. Pour décrire aussi bien les paysages et nous donner presque  l’impression de voyager à travers de simples mots, il fallait forcément avoir vécu et côtoyer dans/ces endroits.

Extrait biographie de T.Poncet :

Sa rencontre avec l’écrivain-aventurier Cizia Zykë, en 1984, bouleversa son existence. Engagé comme secrétaire, il partit aux côtés de Zykë pour un grand voyage qui devait lui faire traverser tous les continents.

Il publia un roman, Pigalle Blues, en 1990, aux éditions Ramsay, alors propriété de Mme Régine Desforges.

S’étant fixé en Asie du Sud-Est, au Cambodge, il y fut reporter au journal Le Mékong, rédacteur à L’UNESCO puis à L’Ecole Française d’Extrême-Orient et auteur de théâtre. Il publia à Phnom Penh un recueil de nouvelles, Les Pantins d’Angkor, aux éditions Cabaret-le-Monde.

Les endroits décrits prennent vie et couleur dans nos esprits grâce aux savoirs de l’auteur. Savoirs autant historiques que « géographiques ». Comme je l’ai dit, c’était un voyage fort intéressant qui ne pouvait prendre force/racine que grâce au vécu de son auteur. La présence et le talent de l’auteur planent d’ailleurs au dessus de cet ouvrage. C’est une trame finalement assez plate et simpliste. Cependant, la plume de l’auteur amène réellement une âme au récit. On se prend immédiatement d’affection pour les personnages, personnages qui ont tous leur  propres caractères, façons d’être et de parler, et leur passés. Les personnages deviennent personnes, la marie Barjo devient réelle. Le quotidien s’enlace au drame, au thriller avec parcimonie et brio. Les questions écologiques côtoient celles juridiques, économiques, morales et politiques. C’est un concentré de plusieurs thématiques qui s’imbriquent les unes aux autres avec facilité. khm_pp_jml_1971_30rr1Les descriptions des meurtres ou même la présence quasi constante des drogues sont rudes, dans le détail, mais dépeignent finalement une réalité post guerre qui nous échappe aujourd’hui. Nous apprenons, tout un pan d’un passé que nous ne connaissons que peu, nous voyons des plaies non encore fermées d’une nation entière en reconstruction. C’est une forme de dénonciation de ces guerres de pouvoir où les populations sont des victimes collatérales.

Haig – le secret des monts rouges à des allures de pirates des caraïbes et de tomb raider. De multiples ingrédients y font penser : le voyage au bord d’un bateau, des personnages sans limites, une seule femme sur le bateau, une quête avec à la clé des joyaux..!  C’est un beau mélange qui foisonne et m’a réellement donné envie de savoir le fin mot de toute cette histoire. Une fin qui s’est révélée finalement un peu décevante, car trop précipitée par rapport à l’ensemble du roman. J’aurai peut-être aimé d’autant plus d’action et de suspens. Que la chute du méchant sois moins facile. Autre point négatif qui ne dépend que de moi même :tresor j’avais découvert bien assez tôt le pot aux roses…

En conclusion, c’est un livre qui se dévore très vite et trop facilement (à mon goût). Sans être une révélation littéraire, c’est un livre que j’ai quand même bien apprécié. Un thème particulier, que l’on ne rencontre pas toujours en littérature, une écriture saisissante.Bonne petite histoire qui nous fait passer un bon moment de lecture!

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vert = très bon

La mulâtresse solitude de andré schwarz bart

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Elle n’est ni noire ni blanche. Solitude, la fille mulâtresse d’une Africaine arrachée à son village par des trafiquants d’esclaves, est condamnée à servir les Blancs. Mais dans ses veines brûle le feu de la révolte. Aux côtés de Maïmouni et des troupes noires cachées dans les forêts de la Soufrière, elle lutte pour la liberté.

Un vibrant hommage à une femme de légende de l’histoire des Antilles.

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Comme vous le savez, peut-être ou peut-être pas, j’aime beaucoup le thème de l’esclavagisme. C’est pourquoi, je n’ai pas hésité a suivre un cours sur le mythe du marron pour ma première année en fac de lettres (quoi rêver de mieux?). Grâce à ce cours de littérature comparée, qui a confirmé mon goût pour ce thème en particulier, j’ai découvert énormément de choses sur cette période noire et honteuse de notre histoire.

Mon cours portait donc sur le mythe du marron, cet esclave (ici guadeloupéenne) qui se rebelle (ou tente de se rebeller) pour une liberté qui n’aurait jamais du lui être bridée. Il existe donc deux types de marronnages (fait de s’enfuir de la plantation) : le petit et le grand marronnage.

Le marronnage est, selon le Code noir, puni par la mutilation puis par la mort à la troisième récidive (petit marronnage). Dans la pratique, il est toléré lorsqu’il se limite à de très courtes absences. (grand marronnage) En revanche, dès qu’il donne lieu à la création de petites communautés isolées, il est l’objet d’une répression que seul le manque de moyens tempère.

g370En retournant à l’article précédant sur le même thème, je vous ai présenté « le royaume de ce monde » d’alejo Carpentier mettant en avant les figures phares d’esclaves révoltés ayant péri avec honneur et s’étant élevés contre une oppression toujours plus dévastatrice. Grâce à Mackandal, élevé au rang de mythe, notre vision de l’esclave est magnifiée. Alejo et André nous montrent un tout autre point de vue que l’occident tient à nous montrer : l’esclave n’est donc plus animalisé, rabaissé, stéréotypé, par une vision colonialiste toujours très présente dans notre société actuelle dans l’art&la culture.  Et oui, souvent et surtout dans les séries TV américaines, deux versions de l’esclave s’opposent : le soumis qui accepte son destin, le rebelle qui prend les armes et fait carnage autour de lui pour signer un début tant espéré de vendetta. Mais, cette idée ne représente certainement pas la vérité, il est bon d’avoir deux opinions distinctes qui s’assemblent pour fournir un tableau d’ensemble. Car, dans une histoire, il y a toujours des points de vue divergents.

nannyAndré Swcharz Bart, lui à fait une pierre deux coups. Il s’est lui aussi centré sur la construction d’un mythe (celui du marron) mais surtout, il a décidé de raconter l’histoire d’une femme esclave. Les femmes, Quel que soit le siècle auquel nous sommes, quel que soit l’époque,quelque soit les mentalités, ne représentent qu’un minorité parmi la minorité.Souvent laissées pour compte, les femmes esclaves ne sont que peu représentées dans l’hommage littéraire. Et pourtant, il n’en reste pas moins qu’à leur manières elles ont eu tout autant un rôle important à jouer dans la libération d’un peuple à l’agonie.

Une représentation dominante des femmes Marrons qui a injustement marqué leur profil est leur représentation en tant que captives passives prises lors des attaques de plantations que les hommes Marrons conduisaient. Ceci est une interprétation eurocentrique des faits. Le point le plus important qu’il faudrait souligner, cependant, est que le fait de prendre les femmes était l’acte ultime de résistance à l’esclavage. Leur nouvelle vie dans les camps Marrons, même si grandement restreinte par les hommes qui les avaient libérées, était bien meilleure que la vie qu’elles menaient lors de l’esclavage. Les femmes Marrons de la région, même si en petit nombre par rapport aux hommes, méritent leur place dans l’histoire en tant qu’« héroïnes » de la Diaspora africaine pour les multiples façons profondes dont elles ont utilisé le marronnage afin de résister à l’esclavage.

dossier_peda_4_2La mulâtresse solitude,avant d’être un personnage de roman,est un emblème/une icône très important(e) dans l’histoire de la guadeloupe et possède même sa propre statue. Esclave marronne, elle a mené combat auprès de grands personnages historiques (exemple : Louis Delgrès). Enceinte au moment de sa résistance, elle a été capturée, elle a accouchée,puis a été tuée pour motif de rébellion.

Née vers 1780, la Mulâtresse Solitude est l’une des figures historiques des rébellions de 1802 contre le rétablissement de l’autorité de Lacrosse, capitaine-général de la Guadeloupe nommé par Napoléon Bonaparte, qui avait été expulsé en octobre 1801 à la suite d’un putsch des officiers de couleur de l’armée. Le peu que l’on sait d’elle provient de l’ouvrage Histoire de la Guadeloupe d’Auguste Lacour (1805-1869).

Article 

statue20en20piedLe livre d’André Swchartz Bart est finalement assez déçevant et très déroutant dans l’ensemble. Le style d’écriture y fait pour beaucoup et l’envie de mysticisme accru rend l’ouvrage complexe a suivre et à apprécier. Nous n’arrivons pas à nous rapprocher de ce personnage insaisissable, qui avant d’être surnommée « la mulâtresse solitude » était bel et bien une personne de chair et d’os. Rosalie, née d’un père blanc et d’une mère noire, lors des fameuses pariades. Cette femme, dès le jour de sa naissance, à été marquée du sceau de la nécessité de combattre pour sa survie. Ni trop blanche pour se faire accepter parmi les colons, ni trop noire pour se faire accepter parmi les esclaves noirs, Rosalie est une jeune fille de l’entre deux. Surnommée deux âmes du fait de sa particularité (yeux vairons), Rosalie impressionne autant qu’elle désole. C’est d’une étrange façon qu’André à dépeint ce personnage emblématique. Nous avons l’impression tout au long du livre que ses actes ne sont pas délibérés, qu’elle est toujours en proie à la folie, que son seul souhait est de retrouver un jour cette mère qui ne pouvait pas l’aimer. Etrange donc,venant de cet auteur, de déconstruire un personnage pour dénoncer un courant qui lui est cher : celui de la diaspora africaine. Finalement, l’essence même de l’oeuvre ne peut être comprise totalement à l’image même de ce qu’à été ce massacre immoral. Ce qui est certain, c’est que l’ouvrage ne laisse pas indifférent. Il nous laisse nous aussi une certaine forme de marquage au fer ,et nous inculque un certain devoir de mémoire. Figures de l’ombre qui doivent être enfin mises au jour,pour briller de par leur actes et leur courage! C’est une belle initiative de ces auteurs d’enfin leur donner une voix et de restranscrire ce qu’à été leur voie.

La diaspora africaine est une population qui résulte de la déportation d’Africains à l’époque de la traite esclavagiste du XVI e au XIX e siècle et de leurs descendants à travers le monde d’une part, et du phénomène d’émigration d’autre part.

Si le sujet vous intéresse, mais que ce livre ci un peu moins, sachez que l’UNESCO a publié une courte bande dessinée plutôt bien réussie sur l’histoire de la mulâtresse solitude que je vous recommande de feuilleter  en cliquant : ici!

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orange = moyen

Le crépuscule royal de Westley Diguet

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Elle est belle, talentueuse et à l’écoute.
Il est beau, puissant et l’héritier d’un trône maudit.
Ensemble, ils pourraient mener le Royaume à sa perte.

Il y quasiment trois cent soixante-dix ans est survenu ce que nous appelons « le Grand Cataclysme ». Une série de trois plaies qui changèrent la face du monde. Les États-Unis, et plus généralement le continent américain, n’existent plus, l’Afrique a été ensevelie sous les eaux et la Russie et l’Asie forment un immense brasier qui ne s’éteindra jamais. Du monde, il ne reste que l’ancienne Europe, des pays de cette alliance politique, il ne reste rien.
Henri Grace s’apprête à succéder à son père sur le trône d’Europa, la nouvelle Europe. Il est jeune, beau, mais cache un terrible secret. Lisbeth est sur le point d’entrer au service de Sa Majesté en qualité de costumière et elle n’imagine pas un seul instant dans quel enfer elle se jette. Tandis que les Anarchistes continuent de combattre la Monarchie des Grace, des sentiments puissants vont naître et déclencher ce que le jeune roi redoute. Que  faire,  abdiquer  et laisser les derniers survivants mourir ou accepter cette effroyable mission ? Comment sauver Europa sans y perdre son âme ? Henri trouvera-t-il le soutien aux côtés de Lisbeth et de son oreille attentive ? Une chose est sûre cependant, Europa ne survivra pas sans que ne coule le sang…

mon avis

spN’hésitez surtout pas à cliquer ici, pour découvrir le chapitre un du livre (le design de la mise en page  est superbe, foncez!)

Je remercie les éditions Gloriana pour ce premier service presse qui me faisait de l’oeil, qui débute aussi à merveille une bien belle aventure!

8ec11d1698149b1d0ea2f1b53c7108f4Westley Diguet est un auteur au nombre incalculable de publications que je voulais au moins une fois dans ma courte vie pouvoir lire.Son univers un peu fantastique/fantasy me correspond parfaitement… Et forcément, quand on entend que du bien sur un auteur, on se laisse prendre au jeu du bouche à oreille!

Le crépuscule royal nous embarque de multiples années après notre ère dans un monde ayant été décimé par une forme d’apocalypse. Le reste du monde a été rasé, seul le royaume d’Europa, pour une raison mystérieuse,  a été sauvé. La monarchie est restaurée tout comme ses usages et coutumes (voir costumes!). Nous sommes donc plongés au coeur d’un récit futuriste/utopique, ayant pour bases et valeurs des éléments historiques. C’est un mixte tout à fait alléchant et pour le moins innovant. Nous suivons donc, d’un côté, les aventures de la famille royale Grace, avec à sa tête le jeune Henri, qui lutte contre un groupuscule d’anarchistes menaçant la couronne ainsi que  contre une tragique malédiction. De l’autre côté, nous rencontrons une jeune costumière  travaillant pour la couronne répondant sous le doux surnom de Lisbeth.

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Avant toute chose, même si je n’ai en ma possession que la version Ebook, je tiens à souligner le formidable travail éditorial effectué autour du livre. C’est un livre objet sublime, une couverture attrayante qui représente à la perfection l’histoire en elle même ainsi que les personnages comme l’on pourrait se les imaginer lors de notre lecture, un lexique nécessaire nous présentant les différents personnages ainsi que leur fonctions, une carte de l’univers… Bref, le livre est un véritable outil commercial qui fait effet. (Bravo à l’illustrateur : Nicolas Jamonneau pour ce travail réussi!). Je retiens tout particulièrement les belles citations en début de chaque chapitres des personnages importants qui ont contribué à notre société français (Louis XV et compagnie)

9e5de2327f81fabe7c91e5247c8ce4feMon avis sur cet ouvrage est assez mitigé. Si j’ai trouvé le concept de ce futur ancré dans un retour aux sources/à l’ancien très innovant, plusieurs choses m’ont finalement dérangé. J’aime beaucoup l’aspect historique, les costumes, les descriptions, les lieux ainsi que la façon de parler des personnages de l’époque, ce qui  me procure une certaine nostalgie. C’est beau, c’est noble, et cela finalement en « jette un max ». C’est tellement dommage d’avoir perdu autant de prestance, d’avoir abîmé notre si belle langue et nos si jolies coutumes. Le milieu aristocratique, monarchique, me plaît beaucoup et j’adore le rencontrer dans les livres. Cela me fait immédiatement voyager et rêver. Oui, revenons au temps où les princes et princesses existaient ! Le décor du crépuscule royal ne pouvait donc que me plaire, moi qui étais dans une ancienne vie une duchesse !

Cependant, j’en arrive assez rapidement au premier point qui m’a un peu chiffonnée. Retrouver un thème que j’affectionne tant (historique) dans un futur hypothétique était une très belle idée. Mais, finalement ce thème a donné un aspect quasiment invraisemblable au texte. Est-ce possible de retourner à la monarchie en ayant goûté à la modernité? Alors certes, le monde a été décimé ce qui a permis une certaine forme de renouveau par la fondation d’une nouvelle ville/d’une nouvelle ère. Mais, que faisons nous des innovations et des nouvelles technologies, du savoir faire, du savoir vivre acquis au 20 ième siècle ? Est ce probable qu’à l’heure d’aujourd’hui, Quel que soit le contexte, nous accepterions de régresser et de retrouver un monde si réglementé  par un système de castes ? Est ce possible que les femmes, ayant un jour goûté à cette liberté d’être et d’exister, puissent quel que soit le contexte accepter de redevenir soumises aux hommes ? Est ce pensable que notre langage écrit comme oral moderne puisse redevenir celui de l’époque ?

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Ce sont ces questions,certes personnelles, qui finalement ont terni ma lecture. J’attends donc avec impatience pouvoir en discuter plus en détails avec l’auteur! C’est une chronique assez spéciale et difficile à écrire, puisque, j’ai du mal à rassembler clairement mes idées. C’est un livre, finalement qui a fait son effet : puisqu’il m’a fait tergiverser. Dans le bon,comme dans le mauvais sens. La trame de l’histoire est  bonne : les personnages principaux sont attachants, les décors attrayants, l’action révélatrice d’un quelque chose en devenir.  Cependant, la trame n’a pas été assez étoffée ce qui a fondu l’ouvrage quelque peu dans l’ombre.  L’ouvrage est beaucoup trop court pour l’abondance des informations qu’il recèle et surtout au regard de son potentiel.  J’aurai apprécié avoir d’autant plus de détails sur l’avant apocalypse, des éléments sur la conquête de cette nouvelle ville Europa ainsi que sa construction, des informations sur la consolidation de la monarchie et sur la mise en place de celle ci au sein du royaume… Finalement, j’ai eu l’impression d’avoir toujours été en retrait dans ma lecture, que rien n’allait en profondeur des choses. catalogue-victorienneTout est centré sur une romance, qui tout comme la narration, va beaucoup trop vitre à mon goût. Le reste, qui était fort attrayant, est complètement fondu et inexploité. Par exemples, la présence des anarchistes qui aurait pu mettre du baume à l’action, mettre à mal cette monarchie, n’est elle non plus pas assez exploitée alors qu’elle aurait pu avoir un réel impact sur la tournure des événements. La romance entre les personnages est peut-être un peu trop simpliste et facile d’accès, les personnages se retrouvent trop vite, ils n’ont pas connu assez d’obstacles pour réellement faire rêver le lecteur. Les personnages sont peut-être un peu trop « typés », c’est à dire qu’ils n’ont pas de trait important (attachant ou non) qui survient et qui « tape à l’oeil ».Finalement, j’en reviens à un point qui m’est essentiel dans un livre,et je sais que beaucoup ne partagent pas cet avis : pour que j’apprécie un livre il me faut de la substance. Des tonnes et des tonnes de pages à engloutir, diverses descriptions (quitte à en faire trop) pour pouvoir m’immerger. Je pense souffrir d’un terrible manque d’imagination, ou alors de flemme évidente, il faut que l’auteur me mâche le travail pour que je réussisse réellement à vivre son histoire et en faire mon histoire.

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Et en même temps, chose étonnante et qui contredit en tout point le début de ma chronique. J’ai quand même lu avec avidité et enthousiasme cette aventure. Alors certes, je suis en retard sur mon deadline imposé (en retard simplement pour rendre ma chronique, ma lecture a été plus ou moins rapide…) mais j’ai apprécié cette simplicité, cette presque candeur dans le récit. Le personnage féminin est un petit bonbon, c’est une pincée de vie, et malgré tout elle nous donne le sourire. L’amour partagé entre les deux protagonistes est tellement sincère, qu’il en devient vraiment touchant. Le texte finalement prend vite des allures de conte de fée. Et c’est vrai, que vu sous cet angle là, l’ensemble des points négatifs relevés plus haut sonnent faux. Car, un conte de fée amène forcément diverses interprétations possibles et imaginables, met en son coeur le récit d’un amour soumis à une malédiction, attribut aux personnages des vertus honorifiques et ne recèle en rien de purement horrible/négatif… C’est un ouvrage bouffée d’oxygène, ni plus ni moins, il redonne foi en l’amour et parvient à nous faire croire aux princes et aux princesses.

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orange = moyen

Les amants de troie – Natacha J.Collins

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Troie, Asie Mineure
Dans une cité en crise, assiégée depuis neuf ans par les Grecs, Aleiria, fille de l’orfèvre royal, n’a pas le choix : elle doit accepter la présence d’un garde du corps à ses côtés. Mais Dareios ne ressemble à personne qu’elle a connu. Cette troublante franchise, ce regard qui semble lire en elle… Avec lui, elle se sent protégée, et plus encore : comprise, estimée… désirée. Hélas, son père a de plus hautes ambitions pour elle. Il préférerait la voir mariée à l’un des fils du roi Priam, qui lui garantirait richesse et sécurité. Mais dans le chaos qui règne aujourd’hui la sécurité n’existe plus, et le monde dans lequel elle a grandi non plus. A l’heure où l’attaque légendaire du cheval de Troie se prépare, Aleiria sait qu’il espst urgent de vivre pleinement.

Sur fond d’épopée troyenne, l’histoire tout en sensibilité de deux êtres pris dans les tourments d’une guerre mythique.

 

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Je remercie chaleureusement Nathacha.J.Collins (ainsi que Gilles) de m’avoir fait ainsi confiance!

1417017383-helene-1Natacha J.Collins m’a contacté il y a un bon bout de temps maintenant pour me proposer son roman publié aux éditions Harlequin. Roman dont le thème principal est la romance : je me suis tout de même laissée tenter par l’aventure même si de prime abord ce n’est pas mon genre favori (comme dit l’adage, il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis).

Il est parfois des livres, comme les amants de Troie, qui arrivent à un moment adéquat de nos vies. Parfois, le livre en question nous ouvre les yeux sur une question existentielle (de couple, de lendemains incertains…), d’autres nous redonnent le sourire et la joie de vivre, ou au contraire nous mènent vers des envies d’ailleurs et d’inconnus… Ce sont pour moi des livres qui tombent sous le sens. Les amants de troie est « un livre destinée ». Il fallait que je le lise, il fallait que je le découvre.

J’ai accepté de recevoir les amants de Troie car j’étais justement en train d’étudier la fameuse histoire de l’iliade et de l’odyssée, plus notamment de la  ville (prise) de Troie. N’étant pas une fine connaisseuse de  ces deux grandes œuvres (je n’en connaissais que les grandes lignes) et n’ayant pas encore lu l’odyssée (ni même l’iliade), j’ai trouvé que Natacha tombait à point nommé.

troieL’auteure nous transporte dans une Iliade romanisée, concurrence presque Homère, et popularise une histoire connue de tous pour nous servir un met délicieux : fait de romantisme, de tendresse et de délicatesse au milieu d’un chaos pré-guerre/guerre. Nous sommes plongés  au coeur d’une sublime histoire d’amour mais interdite entre deux personnages touchants : Aleiria, fille d’un grand de la haute société, et Dareios qui deviendra très vite garde du corps de la jeune demoiselle. Aux côtés de nos jeunes héros totalement inventés par Natacha, nous approchons d’ Achille, de la sublime Hélène, du courageux Hector… Mais aussi des dieux vénérés!  De tous ces héros grecs qui ont inspirés beaucoup de nos personnages fétiches actuels, nous n’arrivons presque pas à entrevoir les ajouts/inventions de Collins. Nous vivons dans la « belle Ilion », avant sa destruction par le biais de l’ultime ruse d’Ulysse : le cheval de Troie. Et assistons au dépérissement d’une ville assiégée : la tension dans la vile augmente au fur et à mesure que l’on tourne les pages et nous gagne,nous,lecteurs.

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Avant tout, il faut certainement saluer les connaissances que l’auteur a sur son sujet. Je n’imagine pas le nombre d’heures de recherches, de lectures et relectures,pour parvenir à écrire sur un thème si difficile à reprendre en gardant l’essence même de l’oeuvre d’Homère et en s’alignant à notre société actuelle. J’ai beaucoup aimé voyager de cette manière ci, plus ludique, dans cette/ces épopée(s). Si l’historiographie n’est pas développée, nous comprenons les éléments essentiels qui fabriquent et fortifient l’histoire que l’on connais. Les chapitres sont courts, se lisent extrêmement vite, mais ne manquent pas de clarté : tout est clair,concis, propret. Nous comprenons immédiatement où nous sommes, dans quelle époque, aux côtés de qui et surtout dans « quel clan » nous nous situons.

troy2Cependant, si j’ai beaucoup apprécié les débuts de ma lecture, mon enthousiasme s’est peu à peu estompé (sans toutefois faire de cette lecture une déception). Le côté romanesque que je trouvais au départ très intéressant s’est avéré étouffant pour moi. Alors,oui, il fallait coller aux convenances et aux moeurs de l’époque : nous proposer un personnage féminin ayant des valeurs de bonne fille/de bonne famille, un personnage masculin symbole de courtoisie, un couple respectant ainsi une certaine grâce/tenue. Finalement, j’aurai aimer que l’auteur bouscule un tantinet plus les codes et nous desserve peut-être  une histoire d’amour plus trash et moins « adolescente ». Ce qui m’a le plus dérangé, ce sont ces « nunucheries » et le manque de développement des sentiments amoureux (ou même amicaux). Les descriptions étaient trop « catégoriques », me faisant penser aux fameuses épithètes homériques : formules que l’on reprend sans cesse pour faire avancer le récit. Alors ce n’est pas exactement ça, forcément, mais il y avait une invraisemblance au niveau des sentiments, une sensation que les pensées des personnages ne reflétaient en rien leur âge réel, qui me troublait et qui m’a empêchée finalement de mieux m’attacher aux personnages. A partir de ce moment, je n’ai pas su me départir de cette romance (coeur même du récit) pour me concentrer sur l’alentour : les péripéties, les retournements de situations, les descriptions des lieux…  Pourtant, la trame de l’histoire était vraiment plaisante, le concept dans son ensemble innovateur (c’est la première fois que je croise une telle réadaptation), l’écriture de l’auteure très à propos, agréable à lire, les personnages étaient attachants… 3062913517_1_7_rpFewaAgMais, ce « mais » est bien trop présent : je n’ai pas su me projeter plus loin, je n’ai pas réussi à croire que l’histoire pouvait être réelle. L’amour, trop enfantin, à fait perdre du charme à des personnages de grande envergure, dont la psychologie aurait pu être d’autant plus mise en avant et plus poussée. C’est dommage, il manquait pour ma part ce petit grain de sel pour que la sauce prenne. Un petit détail, d’ailleurs, qui peut ne pas déranger certains. C’est finalement une histoire, qui se laisse facilement lire et découvrir, que l’on ne regrette pas d’avoir découverte après fermeture, mais qui (pour ma part) ne restera pas gravée dans mon coeur ni dans ma mémoire.

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orange = moyen

 

La douleur du silence – Marie-Béatrice Ledent

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A 13 ans, Martine Croin n’est qu’une jeune fille comme les autres. Contrainte de quitter sa ville et son passé pour le bien de la famille, elle s’apprête à découvrir sa nouvelle école. Devant le changement, elle se sent désarmée et s’enferme dans le silence. Mais ses nouveaux camarades de classe la considèrent comme une proie facile. Pour exorciser sa souffrance, Martine va se trouver un dangereux échappatoire…

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Je remercie énormément l’auteure pour cet envoi. Je tiens aussi à lui présenter de nouveau mes excuses pour la publication de cette chronique en retard.

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silence_anabagayan-480x673La douleur du silence est un livre en auto édition (peut-être plus pour longtemps qui sait?) qui me tentait énormément de par son thème : le harcèlement scolaire. Particulièrement touchée par ce thème, je sais par le biais de personnes qui me sont proches à quel point le harcèlement scolaire peut être dévastateur chez l’adolescent et compromettre l’évolution future de l’adulte. C’est un thème à double tranchant : sois on l’aime, sois on le déteste. Cependant, on ne nie pas un fait : ce genre ne laisse pas indifférent. J’ai pu parler un peu avec l’auteure, ce n’est pas une démarche autobiographique comme l’on pourrait croire à l’ouverture du livre, mais un réel dessein de faire prendre conscience à ses lecteurs la portée d’une parole moqueuse sur quelqu’un. Avant tout un ouvrage coup de gueule/coup de poing, electrochoc pour parvenir à faire évoluer (peut-être) les mentalités. C’est un thème qui finalement n’a jamais réellement été boosté en littérature, certainement car il  à le pouvoir de déranger autant qu’il déboussole : parfois certaines situations nous renvoient en pleine poire nos  côtés les plus vils. Penser qu’un petit gamin, encore au collège,puisse – en étant galvanisé par l’effet de groupe – faire preuve d’autant de haine envers un autre gosse du même âge : c’est pratiquement inconcevable, incroyable. La douleur du silence comporte cette part de non crédibilité, puisque les scènes subies par la protagoniste (Martine)/victime à cause de ses camarades de classe semblent parfois tirées par les cheveux : bousculades, moqueries, être rabaissé… originalpuisque ce côté sombre est toujours nuancé par la nature optimiste presque candide de la petite qui malgré son visible mal être continu de vivre comme si. Aux côtés de Martine, nous nous enfonçons nous aussi dans sa détresse, dans sa solitude qui la pèse et la ronge. L’on pourrait croire qu’elle se complaît dans le silence,hors, parler de ses problèmes à l’école ne lui est pas permis. Par peur d’alourdir les problèmes existants de ses parents, par peur de représailles, par honte.. Jusqu’à ce que finalement cette douleur apparaisse comme nécessaire, méritée. Martine ne subie plus, elle accepte son état de victime, ne peut que s’enfermer dans cet éternel et inlassable cycle de brimades. Pour alléger ses souffrances, Martine trouve une échappatoire : la scarification. Encore un thème peu répandu en littérature, qui pourtant prend énormément d’ampleur dans notre société actuelle. Les problèmes d’ordre moral, entraînent aussi des problèmes physiques de type anorexie voire boulimie. Finalement, le harcèlement bouffe,ronge, au point parfois de pousser les jeunes à commettre l’irréparable. Ainsi, résonne dans nos mémoires l’histoire de Marion Fraisse porte parole de ceux qui resteront des victimes de l’ombre.

Marie Béatrice Ledent mêle le destin de son personnage (Martine) à celui de milliers d’autres, n’ayant que le silence comme ami, que la souffrance comme ennemie. C’est certainement ce genre d’ouvrages que l’on doit, désormais, faire lire aux enfants au collège/lycée, pour favoriser une sensibilisation qui tarde à arriver dans le corps enseignant. Beaucoup trop d’adultes ferment les yeux sur les agissements des élèves entre eux, prétextant « nous avons près de 300 élèves à surveiller ». En ayant une classe X fois dans la journée,à X heures, ce n’est pas possible (selon moi) de ne pas voir les agissements des uns envers les autres. Maintenant, le harcèlement s’est comme institutionnalisé, c’est presque devenue une règle régit par la loi du silence : ne pas révéler sous peine de représailles plus lourdes, ne pas réagir car on ne sait pas quoi faire : de toute manière, on le sait,les enfants entre eux sont méchants.  Je pense qu’il est bon qu’il y ait des voix comme Marie Béatrice qui s’élève parmi les autruches qui s’enterrent dans le sable,pour montrer que non, les élèves français ne sont pas heureux dans un cursus scolaire lambda, qu’ils sont parfois délaissés.

680167e8ec3e3e377af4adeb3daaba54Si j’ai beaucoup apprécié ma découverte,, la douleur du silence n’a  pas été un coup de coeur pour moi pour de multiples raisons. J’ai trouvé le texte un tantinet fade, il m’a manqué du relief, un lien plus fort entre le personnage principal et moi même. C’est un sujet très difficile à manier du fait qu’il n’y a pas d’action à proprement parler, le fil conducteur tient essentiellement sur notre empathie . Alors certes, l’auteure a relevé le défi de ne pas tomber dans le larmoyant, d’émouvoir le lecteur sans tomber toujours plus dans le pathos. Cependant, j’avais l’impression parfois que les choses étaient survolées et qu’elles tournaient assez vite en rond. Les pensées du personnage n’étaient peut être pas assez frappantes, porteuses d’une bonne leçon morale comme je m’y attendais. Finalement, aucune citation n’a retenue mon attention.  Ces quelques éléments là on fait que ma lecture s’est un peu allongée, par moment ont provoqué mon ennui. Ce qui est extrêmement dommage puisque le fond était là!

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orange = moyen

Mindjack, tome 1 : Esprits libres de Susan Kaye Quinn

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Quand tout un chacun peut lire dans l’esprit des autres, il devient dangereux de garder un secret.

A seize ans, Kira Moore n’est qu’une Zéro, quelqu’un qui ne peut lire dans les pensées des autres, et dont les autres ne peuvent pas lire les pensées non plus. Les gens comme elle sont des parias à qui on ne peut faire confiance, ce qui ne lui laisse aucune chance d’avenir avec Raf, le meilleur ami télépathe dont elle est amoureuse en secret.

Mais lorsqu’elle prend le contrôle de l’esprit de Raf par accident et manque de le tuer, Kira tente de cacher ce nouveau pouvoir qui l’effraie à sa famille, ainsi qu’à Raf lui-même, dont la méfiance grandit chaque jour un peu plus.

Mais les mensonges ne font que se resserrer autour d’elle, l’entraînant au plus profond du monde caché des mindjackers, où prendre le contrôle des gens qu’elle aime n’est que le début de la longue liste des choix mortels qui l’attendent.

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Avant de me lancer dans cette chronique à cœur perdu, je tiens à remercier chaleureusement les éditions MxM Bookmark pour cet envoi qui me correspond à merveille.

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En laissant de côté le résumé (que je ne souhaite pratiquement jamais lire avant de me lancer dans la lecture d’un ouvrage), le livre objet est tout simplement magnifique. Je n’ai pas eu la chance de le tenir en version papier entre mes mains, cependant, rien qu’en version ebook il en jette. Très beau travail éditorial : les couleurs vives attirent l’oeil et l’attention du lecteur. Même s’il ne faut pas juger un roman de par sa couverture : je savais qu’il risquait de me plaire bien avant que je ne l’entame.

Par envie de découvrir d’autres choses, d’autres univers, je me suis un peu éloignée du monde fantastique que j’ai beaucoup apprécié étant jeune. En mêlant mes lectures personnelles à celles de cours, le constat à été le même : je ne souhaitais plus ni lire ni découvrir de romans fantastiques. Pour une raison simple : à trop en voir, nous finissons par en être lassés. C’est ce qu’il m’est arrivé, à bout de souffle de ce genre en particulier, j’avais l’impression de découvrir encore et toujours la même trame, sans jamais vraiment parvenir à être étonnée…

img-21204795d8Avec ce premier tome de Mindjack, ça a été différent. Certainement que cette coupure a été bénéfique pour me permettre de mieux savourer cet  ouvrage dans toute sa somptuosité. Vraiment, et sincèrement, c’est grâce à Susan Kaye Quinn que mon intérêt pour ce genre de roman s’est réellement avéré. Oui, je n’ai pas honte de le dire : le fantastique me transcende. C’est une sorte de retour aux sources très nourrissant cette lecture.

J’ai pris un malin plaisir à retrouver ce goût de la lecture, cette attraction irrésistible d’engloutir le roman en un rien de temps, d’être complètement happée par les mots, totalement perdue dans l’histoire à tel point que l’on se couche très tard alors que l’on à partiel le lendemain, que l’on se met à rêver du livre en question, et de lire en classe car nous voulons le fin mot de l’histoire. Je n’ai pas vu passer le temps en la compagnie de Kira, Simon, Raf et les autres. J’ai réellement passé un moment féerique, la plume de l’auteure me projetant très loin dans ce monde fictif et imaginaire.

Dans Mindjack, nous sommes dans un univers assez futuriste où, à cause d’une bactérie contenue dans l’eau, l’être humain s’est vu doté de pouvoirs surnaturels : lire dans les pensées. Nous suivons alors une jeune fille (Kira) qui est rejetée par les élèves de son lycée à cause de son statut de zéro : elle ne possède pas encore le don. De fil en aiguille, nous apprenons que Kira n’est pas si nulle que cela…

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Alors, j’admets qu’il y a quelques « bancalités » qui auraient pu nuire au récit : le personnage de Kira apparaît de prime abord comme enfantin, les premiers chapitres ne contiennent pas énormément d’action, les évènements s’enchaînent assez vite d’où un manque évident de descriptions. Cependant, malgré tout, l’auteure a su me surprendre et attirer mon attention par cette trame originale que je n’avais jusqu’alors jamais rencontré au sein d’un fantastique : le contrôle de l’esprit. C’est un thème finalement qui s’avère assez difficile à mettre en place au sein d’une narration puisqu’il n’implique pas directement des échanges banales entre les personnages. Les pensées des personnages doivent être brutes,pures, sans filtre… Nous sommes directement happés dans le fil conducteur de leur pensées, il ne doit pas y avoir de portes closes entre le lecteur et le personnage, ni même entre la narration et le personnage. L’auteur a su manier cet exercice à la perfection : en parvenant du point de vue de la réception du lecteur à distinguer la narration et les réelles pensées du personnage (du point de vue de la perception du personnage) sans perdre en cours de route le lecteur… L’auteur à évité l’écueil de la facilité etelepathie-vie-socialen transposant les pensées intimes des personnages ainsi « Simon pensa « mon dieu qu’elle était belle »,
j’en étais ravie et lui répondit à voix haute : merci », non la narration est extrêmement bien ficelée et les rouages d’une bonne écriture ce sont mis en place d’une manière à tisser une toile autour du lecteur pour le happer toujours plus loin dans l’antre du de la muse de la littérature. Alors certes, il n’y a pas énormément de descriptions, alors que vous le savez : j’adore les tonnes de descriptions. Mais finalement, quand un récit est bon, qu’il se suffit à lui même, que la base/la trame de l’histoire est très bien ficelée, que les caractères des personnages sont bien affirmés, il n’y a pas besoin de noyer le poisson dans un démêlé de descriptions inutiles qui auraient alourdi le récit. C’est justement cette absence de description qui donne foi au récit, qui met en branle la machine du suspens et de l’action.

Autre point qui aurait pu être très vite rédhibitoire à mon sens : l’histoire d’amour. Je suis parvenue à faire de nombreux efforts concernant le romantisme en littérature, cependant, je garde toujours mes distances avec la romance adolescente: toujours ennuyeuse et nunuche à souhait « oh je l’aime, il est tellement beau ». Voilà, pour moi, une histoire d’amour dans un livre doit faire vivre des passions. Et chez les ados, bah, ce sont les premières fois,les premières découvertes et généralement, ce n’est pas bien folichon. J’ai eu beaucoup peur en voyant donc arriver avec de gros sabots la possibilité d’un triangle amoureux… Avec présence d’un meilleur ami protecteur, d’un petit ami mystérieux jaloux… bref, le trio d’enfer quoi.Mais, une fois encore, l’auteure m’a bien étonnée.Positivement d’ailleurs,puisque, l’histoire a pris un tout autre tournant auquel je ne m’y attendais absolument pas…

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D’ailleurs, c’est cet ingrédient qui m’a le plus marqué : la surprise. D’ordre général, arrivé à un moment donné, j’arrive à voir les grandes lignes que risque de prendre une histoire : toi tu vas mourir, lui il va déclarer sa flamme, elle c’est une traître… Bref, généralement, le suspens n’est jamais manié du début jusqu’à la fin d’une belle main de maître. Ici, c’est une nouvelle fois différent. J’ai réalisé une lecture totalement crédule et innocente, sans chercher à comprendre le comment du pourquoi, je me suis laissée entraîner dans les péripéties de l’héroïne,j’étais d’ailleurs totalement dans sa peau, et j’ai été étonnée par les rebondissements du début à la fin.Pas une seule fois, je n’ai connu durant ma lecture de creux ou de temps mort quelconque.

Pour finir cette chronique, je vais survoler la question des personnages. Aimer ou non un personnage c’est propre à chacun même si l’auteur distille des éléments de caractères pour nous dresser un portrait flatteur ou non d’un héros (présence de la peste, présente de l’héroïne badass…). J’avais l’impression au début de ma lecture que Kira,le personnage principal, allait me taper sur les nerfs. Cependant, nous constatons au fil des pages sa prise de maturité. De l’enfant des premières pages, elle est déjà devenue une jeune femme aux dernières. Les caractères des personnages ne sont pas trop caricaturés. Certes, nous retrouvons des points de caractères essentiels comme celui de la petite fille frêle qui se hisse au rang de dangereuse héroïne, du faux gentil qui devient méchant puis finalement s’avère être un vrai gentil… Mais, les caractères sont nuancés. l’héroïne n’est pas téméraire, elle n’est pas badass, elle lutte simplement pour sa survie du mieux qu’elle le peux en essayant de conserver ses valeurs…

Je pense que je vais m’arrêter là, inutile de plus pour vous convaincre de vous lancer dans cette lecture qui a été un vrai coup de coeur. Chose qui ne m’arrive pas souvent d’ailleurs!

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vert = très bon

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