Haig – le secret des monts rouges de Thierry Poncet

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Des tronçonneuses et de l’alcool. Voilà ce que vend l’aventurier Haig, sur sa péniche la Marie-Barjo, à travers la jungle, dans le Cambodge tout juste libéré de la guerre, depuis le fleuve Mékong jusqu’au pied des mystérieux Monts Rouges. Mais quel est cet être qui semble répandre la mort devant lui ? Qui est cette Espagnole trop sexy pour ce far-west des camps forestiers cambodgiens ? Pourquoi a-t-elle absolument voulu le suivre ?

mon avis

spJe tiens tout d’abord à réitérer mes excuses auprès de Joël pour avoir pris autant de temps à lire et à pondre une chronique sur Haig. Je le remercie aussi de nouveau pour sa confiance.

Je sais qu’en littérature, la première chose qui tape à l’oeil reste la couverture du bouquin. Celle-ci,est assez jolie cependant les écritures en rouge et jaune me dérangent un  peu. Si je n’ai pas bien compris le fait de représenter Marisol plutôt qu’Haig en première de couverture, le fond de l’image rend parfaitement hommage au voyage que nous narre Mr.Poncet. Il manque à mon goût, pour rendre le livre « objet » une petite carte du monde. J’aime l’idée de pouvoir me figurer les lieux et les espaces, d’autant plus lorsque la plupart de ceux ci  existent vraiment.

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Dans Haig et le secret des monts rouges, nous sommes transportés au Cambodge, plus particulièrement dans la capitale de Phom Penh, après la guerre civile de 1967 – 1975 ayant opposé le Vietnam et le Cambodge.

La guerre civile cambodgienne est un conflit qui opposa les forces du Parti communiste du Kampuchéa, connues sous le nom de « Khmers rouges », leurs alliés de la République démocratique du Viêt Nam (Nord Viêt Nam) et du Front national de libération du Sud Viêt Nam (dit Việt Cộng) à celles du gouvernement du Royaume du Cambodge (après octobre 1970, la République khmère), soutenue par les États-Unis et la République du Viêt Nam (Sud Viêt Nam).[…] Le gouvernement cambodgien fut principalement soutenu par des campagnes américaines de bombardements aériens massifs et des aides directes matérielles et financières. En 2009, Raoul Marc Jennar annonçait devant le tribunal chargé de juger les derniers dirigeants khmers rouges en vie, que « dans toute l’histoire de l’humanité, aucun autre pays n’a été autant bombardé que le Cambodge durant cette période »1.Après cinq années de combats acharnés, qui causèrent des pertes massives en vies humainesnote 1, la destruction de l’économie, la famine de la population et des atrocités sans nom, le gouvernement républicain du Cambodge fut renversé le 17 avril 1975 lorsque les Khmers rouges, victorieux, proclamèrent la création du Kampuchéa démocratique. […]

Nous sommes donc dans une période assez électrique, où les souvenirs/traumas de la guerre sont encore bien présents/ancrés chez les peuples. C’est dans un climat lourd qu’intervient notre héros Haig et ses acolytes qui naviguent au bord de la Marie Barjo. Sorte de pirate des temps modernes, Haig sillonne le mékong pour faire des affaires et rendre la vie après guerre moins difficile. Cependant, ce voyage risque d’être plus particulier que les précédents. En effet, il semblerait que partout où la Marie Barjo passe, des meurtres atroces soient commis.

J’ai beaucoup apprécié ma lecture qui a été vive et rapide. L’écriture de Thierry Poncet est plaisante, il ne s’épanche pas dans des descriptions longues mais parvient tout de même à faire passer une abondance de sentiments à son lecteur. Sous les traits de son personnage principal, khmer_rouge_scene_3-1f742qui est un rustre, un guerrier, un aventurier qui manie la répartie avec brio, on sent poindre une petite part d’autobiographie. J’ai directement calqué le personnage Haig à son père/auteur Thierry de manière presque automatique. Cette espèce de gros nounours au coeur de guimauve… Peut-être que je me trompe! Et peut-être qu’il ne s’agit finalement là que d’un hommage à son compagnon d’aventure : l’aventurier Cizia Zyke. Quoiqu’il en sois cette impression d d’aspect autobiographique ne s’arrête pas là. Pour décrire aussi bien les paysages et nous donner presque  l’impression de voyager à travers de simples mots, il fallait forcément avoir vécu et côtoyer dans/ces endroits.

Extrait biographie de T.Poncet :

Sa rencontre avec l’écrivain-aventurier Cizia Zykë, en 1984, bouleversa son existence. Engagé comme secrétaire, il partit aux côtés de Zykë pour un grand voyage qui devait lui faire traverser tous les continents.

Il publia un roman, Pigalle Blues, en 1990, aux éditions Ramsay, alors propriété de Mme Régine Desforges.

S’étant fixé en Asie du Sud-Est, au Cambodge, il y fut reporter au journal Le Mékong, rédacteur à L’UNESCO puis à L’Ecole Française d’Extrême-Orient et auteur de théâtre. Il publia à Phnom Penh un recueil de nouvelles, Les Pantins d’Angkor, aux éditions Cabaret-le-Monde.

Les endroits décrits prennent vie et couleur dans nos esprits grâce aux savoirs de l’auteur. Savoirs autant historiques que « géographiques ». Comme je l’ai dit, c’était un voyage fort intéressant qui ne pouvait prendre force/racine que grâce au vécu de son auteur. La présence et le talent de l’auteur planent d’ailleurs au dessus de cet ouvrage. C’est une trame finalement assez plate et simpliste. Cependant, la plume de l’auteur amène réellement une âme au récit. On se prend immédiatement d’affection pour les personnages, personnages qui ont tous leur  propres caractères, façons d’être et de parler, et leur passés. Les personnages deviennent personnes, la marie Barjo devient réelle. Le quotidien s’enlace au drame, au thriller avec parcimonie et brio. Les questions écologiques côtoient celles juridiques, économiques, morales et politiques. C’est un concentré de plusieurs thématiques qui s’imbriquent les unes aux autres avec facilité. khm_pp_jml_1971_30rr1Les descriptions des meurtres ou même la présence quasi constante des drogues sont rudes, dans le détail, mais dépeignent finalement une réalité post guerre qui nous échappe aujourd’hui. Nous apprenons, tout un pan d’un passé que nous ne connaissons que peu, nous voyons des plaies non encore fermées d’une nation entière en reconstruction. C’est une forme de dénonciation de ces guerres de pouvoir où les populations sont des victimes collatérales.

Haig – le secret des monts rouges à des allures de pirates des caraïbes et de tomb raider. De multiples ingrédients y font penser : le voyage au bord d’un bateau, des personnages sans limites, une seule femme sur le bateau, une quête avec à la clé des joyaux..!  C’est un beau mélange qui foisonne et m’a réellement donné envie de savoir le fin mot de toute cette histoire. Une fin qui s’est révélée finalement un peu décevante, car trop précipitée par rapport à l’ensemble du roman. J’aurai peut-être aimé d’autant plus d’action et de suspens. Que la chute du méchant sois moins facile. Autre point négatif qui ne dépend que de moi même :tresor j’avais découvert bien assez tôt le pot aux roses…

En conclusion, c’est un livre qui se dévore très vite et trop facilement (à mon goût). Sans être une révélation littéraire, c’est un livre que j’ai quand même bien apprécié. Un thème particulier, que l’on ne rencontre pas toujours en littérature, une écriture saisissante.Bonne petite histoire qui nous fait passer un bon moment de lecture!

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vert = très bon

L’adversaire d’Emmanuel Carrère

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Aux yeux de ses amis et de sa famille, Jean-Claude Romand mène une vie exemplaire. Pourtant, le 9 janvier 1993, il tue de
sang-froid sa femme, ses deux enfants et ses parents. On découvre alors un imposteur qui s’est inventé une vie de toutes
pièces. À partir de ce terrible fait divers, Emmanuel Carrère retrace l’existence dédoublée d’un affabulateur, une « vie de
solitude, d’imposture et d’absence ».
Groupements de textes du volume :
1. La difficulté de l’écriture
2. Littérature et fait divers

mon avis

L’adversaire s’inspire d’un fait réel : l’affaire Jean Claude Romand. Cet ouvrage s’inscrit alors dans un thème qui fait fureur aux USA, lancé par le fameux Truman Capote et son « de sang froid » : la narrative non fiction. Remise au goût du jour fin 2016 par le prix littéraire « une chanson douce » de Leila Slimani, c’est un thème qui est fortement à découvrir. Dans l’adversaire, Carrère n’écrit pas un livre truman-capoteà proprement parler sur le fait divers, il nous narre les péripéties qu’il à rencontré pour écrire sur cette histoire là en particulier. Comment parvenir à ne pas dénaturer les faits (à ne pas extrapoler) ? Comment ne pas faire du tort à l’entourage de JCR ? Que faut-il dévoiler ? La narrative non fiction est certainement LE thème le plus difficile à mettre en pages, puisqu’il implique invariablement un lien entre le criminel et son auteur (qui écrit une sorte de biographie des faits).

Rassurez vous, je ne spolie absolument pas les faits puisque dès le départ l’auteur nous énonce froidement l’affaire (d’ailleurs je pense que vous l’avez assez entendue à la télé!) dans laquelle nous allons embarquer. Jean Claude Romand est connu par son surnom du « faux médecin ». En effet, il a fait croire à son entourage durant une vingtaine d’années qu’il était un éminent docteur, ayant réussi dans la vie.

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Cependant, il s’avère que cet homme n’était absolument pas ce qu’il prétendait être. Agent secret ? Mafieux ? trafiquant ? Non, il n’était rien. Il passait ses journées dans sa voiture ou à errer dans les bois. Il faisait plusieurs kilomètres par jour pour ne rien faire que d’être avec lui même, lire ses journaux. Quand il rentrait à la maison, sa femme et ses deux enfants l’attendaient.Il faisait comme si de rien n’était, leur racontant sa longue journée : ses opérations,ses patients… Vivant chichement, alors que finalement il ne travaillait pas, nous apprenons très vite qu’il n’avait aucune vergogne à profiter de ses proches : il avait inventé un formidable stratagème qui consistait à faire croire à ses proches qu’ils pouvaient placer leur argent dans un compte non déclaré dans le but de le faire fructifier plus tard. Il vivait donc grâce aux économies de ses parents,beaux parents et amis.

Il est presque impensable de savoir qu’aucun n’a vu la supercherie ni n’a eu à un moment donné de soupçons. La machine s’est mise en marche au moment où, se sentant seul, JCR s’est prit une maîtresse. Alors en difficultés financières (il avait acheté une nouvelle maison, entretenait une maîtresse…), l’étau s’est resserré sur JCR. Finalement, un beau matin de 1993 il a commis l’impensable : il a tué sa femme, ses deux enfants, puis ses parents avant d’avoir tenté de mettre fin à ses jours. C’est une tentative ratée, puisque sauvé par les pompiers, JCR est désormais en prison où il risque d’ici peu d’y sortir.

chanson_douce____pourquoi_faut_il_absolument_lire_leila_slimani___5213L’auteur s’est donc penché sur cette étonnante histoire, réelle et bien vraie, dont les tenants et les aboutissants sont pratiquement incompréhensibles : comment a-t-il fait pour berner tout le monde ? Pourquoi avoir préféré tuer plutôt que de tout avouer ? Quand le mensonge-a-t-il commencé ?

C’est un livre qui va vous mettre vraiment mal à l’aise, dans une position inconfortable de voyeur. Vous allez osciller parfois entre la compréhension (une fois que le mensonge est engagé, presque impossible de s’en sortir), l’aberration, l’indignation, le pardon (finalement, n’est-il pas malade?).

Outre ces sentiments qui vous torpilleront l’estomac, vous vous mettrez à douter finalement de votre entourage. Et la seule question qui vous restera gravée dans la tête sera : Connaissons nous réellement nos proches ?

Quand on est pris dans cet engrenage de ne pas décevoir, le premier mensonge en appelle un autre, et c’est toute une vie…

Les +

Les –

–          Narration de véritables faits, on en apprend plus sur ce fameux JCR

–          Véritablement déstabilisant : lecture addictive

 

–          Narration d’un vrai fait divers : sensibilité exacerbée

–          Ce n’est pas véritablement un livre, plutôt un documentaire qui sans intérêt de la part du lecteur, peut très vite l’ennuyer

La classe de neige d’Emmanuel Carrère

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Dès le début de cette histoire, une menace plane sur Nicolas. Nous le sentons, nous le savons, tout comme il le sait, au fond de lui-même l’a toujours su. Pendant la classe de neige, ses peurs d’enfant vont tourner au cauchemar. Et si nous ignorons d’où va surgir le danger, quelle forme il va prendre, qui va en être l’instrument, nous savons que quelque chose est en marche. Quelque chose de terrible, qui ne s’arrêtera pas.

mon avis

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La plume d’Emmanuel Carrère est souvent classée comme étant dérangeante et terriblement fascinante. Carrère est un auteur très connu ayant raflé de nombreux prix littéraires, qui a été mis en lumière grâce à son livre « L’adversaire » retraçant un réel fait divers (affaire Jean Claude Romand = JCR). La classe de neige relate l’histoire d’un petit garçon, Nicolas, à la fois étrange et attachant (tout comme son auteur). C’est un petit môme que l’on a envie de prendre illico sous son aile. Vivant dans une atmosphère pesante et étouffante à la maison, il lui est interdit d’amener les copains chez lui, il ne mange pas à la cantine entre midi et deux (ce qui ne favorise pas la consolidation de liens avec les autres), il déménage souvent et son père est assez… Spécial. Alors que la maîtresse de sa classe organise un petit séjour à la neige, son père accepte que Nicolas y aille à une seule condition : qu’il emmène lui même son fils au chalet. Peu importe les kilomètres, le trajet en car est selon lui beaucoup trop dangereux. Alors qu’il est enfin arrivé au chalet, bien après ses camarades, et que son père est reparti ; les animateurs et la maîtresse se rendent vite compte qu’il manque le sac de Nicolas.

Vu sous cet angle, j’admets que le livre ne semble pas plus que ça alléchant. Cependant, l’atmosphère créée par l’auteur fait que nous ne décrochons pas un seul instant du livre : jusqu’au dénouement.

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Les débuts du livre sont plats mais laissent planer quelque chose de mystérieux, d’angoissant. Une sensation malsaine, presque malfaisante, parsèment les pages. Nicolas est un petit garçon très imaginatif qui s’invente souvent des histoires pour s’échapper de « sa condition ». Très calme, beaucoup solitaire c’est un enfant, nous le sentons qui n’est pas « normal ». On ne sait pas s’il souffre d’une quelconque pathologie (il a une propension à mentir, à jouer la comédie) ou si simplement, il est victime de parents trop sévères. Alors victime ou bourreau ? Sachant que la classe de neige a été écrit à un moment où Carrère ne parvenait pas à écrire sur le fait divers de l’affaire JCR, j’avais l’étrange impression que ce petit Nicolas n’était autre que le double fictif du tueur Jean Claude Romand lorsqu’il était plus jeune. Tout comme Jean Claude Romand, Nicolas à une facilité épatante à mentir, à vouloir être au centre de l’attention (quitte à se faire passer pour malade alors qu’il ne souffre que mentalement), parfois dérangé par de sombres pensées qui finalement flirtent même avec un souhait (ex : apprendre le décès de son père) le petit Nicolas est à la fois attachant et effrayant.  La fin s’accélère sur une drôle d’affaire : la disparition d’un petit garçon vivant dans les environs du chalet. Les dernières pages clos le livre sur une non fin, une fin ouverte, qui laisse planer autant de soupçons et de questionnements que nous avions eut en entamant le récit. Si vous me connaissez maintenant, vous savez peut-être que j’ai en horreur les fins ouvertes : ça me frustre trop. Je suis restée sur faim, beaucoup mitigée finalement, ce n’est pas un livre comme les autres mais ce n’est certainement pas LE livre du siècle.

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orange = moyen

Imaginant cela, Nicolas sentait des larmes prêtes à jaillir de ses yeux, et il en éprouvait une grande douceur. Il ne voulait pas que ce soit vrai, bien sûr, mais en même temps aurait aimé tenir vis-à-vis des autres ce rôle d’orphelin, héros d’une tragédie.

Les +

Les –

–          Une petite histoire courte et haletante

–          Un personnage principal attachant

–          Une attente, un suspens, insoutenable

 

–          Certaines longueurs (livre pas vraiment d’action)

–          Fin ouverte

L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón

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Dans la Barcelone de l’après-guerre civile,  » ville des prodiges  » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours.
Un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés.

L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers.

Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets enterrés dans l’âme de la ville : L’Ombre du Vent.

Avec ce tableau historique, roman d’apprentissage évoquant les émois de l’adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l’Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s’emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie

mon avis

9782221915820L’ombre du vent est le premier tome d’une trilogie nommée « La trilogie du cimetière des livres oubliés » publiée aux éditions Robert Laffont. J’ai déjà lu et beaucoup apprécié Marina du même auteur, ce qui m’a convaincue de me plonger dans celui-ci. Carlos Ruiz Zafon à une plume des plus jolies et des plus poétiques, il a cette capacité à  nous transporter vraiment loin dans un univers toujours plus fantastique/fantasmagorique à chaque fois. Surfant sur le thriller, le polar, le sentimental, le fantastique, le dramatique… Carlos R.Z est sur tous les fronts!

Dans l’ombre du vent, nous faisons la connaissance d’un jeune garçon s’appelant Daniel Sempere. Un soir, son père décide de l’emmener dans une « boutique » de livres anciens qui n’ont malheureusement plus/pas de propriétaires.Ce lieu est nommé « Le cimetière des livres oubliés ». Respectant une tradition familiale, Daniel doit être choisi par un des livres (et non pas choisir un livre). Son regard se porte immédiatement sur un ouvrage qui qui n’est plus édité, très rare « l’ombre du vent ». Se lançant dans la lecture de sa trouvaille, il s’avère que c’est pour Daniel un énorme coup de coeur littéraire.

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Obnubilé par l’auteur inconnu du livre, il se lance dans un quête historique pour retracer le parcours de l’écrivain et pouvoir ainsi découvrir l’un de ses autres ouvrages. Cependant, « l’ombre du vent », semble être très recherché et prisé par de nombreux collectionneurs. Traqué par un homme mystérieux et étrange, Daniel se retrouve obligé de trouver le fin mot de toute cette histoire : qu’est-il arrivé à l’auteur de l’ouvrage ? Qui est l’homme qui le poursuit sans cesse ?

barcelona-city-3Tout au long de l’ouvrage nous assistons, d’un regard aimant, à l’évolution de Daniel, rencontrant ses premiers amours, connaissant ses premiers émois. Du petit garçon, la fin du livre ne nous en laisse pas une miette. C’est une véritable aventure, narrée à la perfection, fait de rebondissements et d’énorme suspens.Il y a le bon dosage d’ingrédients : de l’amour, du suspens, du meurtre, une enquête, du drame…. Bref, ce livre est une véritable pépite ! Bien que je n’ai absolument aucune idée de ce que pourrait nous donner la suite des aventures de notre héros, j’ai hâte de me replonger dans l’histoire du cimetière des livres oubliés.

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vert = très bon

Chaque livre a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui.Carlos Ruiz Zafon – L’ombre du vent

L’Affaire Aurore S de Gilles Milo-Vacéri

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Qui est le tueur en série qui se cache dans la forêt de Rambouillet ?

L’amour, que l’on dit plus fort que tout, peut-il survivre ou vaincre la mort ?

Au commencement, une belle histoire d’amour. Grégoire, écrivain modeste, abandonne tout et quitte sa Provence pour les Yvelines, afin de rejoindre Aurore, auteur de romances, dont il est tombé fou amoureux. Elle va quitter son compagnon pour construire leur couple et vivre leur amour librement. Mais contre toute attente, Aurore disparaît brutalement après un simple et banal e-mail de rupture.

Désespéré et au bord du suicide, Grégoire relève la tête quand il réalise que son dernier message est certainement un faux. Pire, il apprend qu’un tueur en série sévit en forêt de Rambouillet. Fou de colère, il est certain que la femme de sa vie a été assassinée par ce psychopathe. Et il sait qui se cache derrière le monstre… Alors la traque commence.

Miné par le chagrin, Greg ira au bout de l’enfer s’il le faut. Quelqu’un va devoir payer pour lui avoir volé le seul grand bonheur qu’il ait jamais connu.

mon avis

Je tiens à remercier l’auteur pour sa gentillesse ainsi que son éditrice pour cette fabuleuse et merveilleuse lecture.

Gilles Milo Vacéri s’est chargé lui même de la communication/promotion de son ouvrage, cela représente une charge de travail assez conséquente  pour lui (donc chapeau!) mais aussi cela démontre  un réel engagement de la part de cet auteur ayant la main sur le coeur. A travers l’affaire Aurore S, il nous dévoile certainement une facette de sa propre personnalité, un pan entier de son vécu. Gilles, bien plus qu’un auteur lambda, s’est complètement et totalement mis à nu dans ce récit à la fois intense et démesurément bon.

tumblr_ocqr2rjuhs1ul3mfno1_1280J’ai embarqué dans les mots dès les premières lignes. Gilles à cette facilité déconcertante d’écrire comme s’il nous parlait directement, en face à face. Il prend totalement place dans la narration et derrière chaque parole nous entendons son vécu y faire échos.

Nous faisons la rencontre d’un écrivain Greg éperdument amoureux d’une jeune et jolie jeune femme. Ils filent le parfait amour, rêvent d’enfin pouvoir emménager ensemble et divulguer à la planète entière leur liaison. Cependant, une ombre vient s’ajouter à ce beau tableau : la femme de sa vie disparaît aussi soudainement que brusquement en ne laissant derrière elle qu’un simple mail de séparation.

De l’autre côté, nous faisons la connaissance de deux agents qui sont sur une enquête de meurtres en séries plutôt barbares : un meurtrier sévit aux alentours de la forêt de Rambouillet et s’en prend aux jeunes et jolies jeunes femmes.

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Il y a un formidable jeu du « je » dans cette histoire, puisqu’on le comprend très bien : Gilles et Grégoire ne forment plus qu’un. Lors de sa rupture avec sa dulcinée, Grégoire tombe dans un abîme qu’il lui est difficile à surmonter. Gilles nous décrit les différentes phases qui nous submergent lorsque nous sommes quittés par l’être aimé : déni, colère, chagrin, désespoir… Je pense qu’il faut l’avoir vécu pour aussi bien le décrire et en parler. Il y a ce quelque chose de troublant chez Greg que l’on retrouve chez Gilles : on comprend qu’il est un coeur brisé.

enqueteLe plus grand défi pour l’auteur a été finalement de me faire croire en l’amour possible et véritable.Celui qui défi toutes les lois, qui nous élève autant qu’il nous détruit. Je suis (ou du moins je l’étais) une  septique dans l’âme quant aux effets indésirables de l’amour sur les amants. Pour moi, la dépendance affective n’était qu’un dérèglement de la personne, une altération de quelque chose.Je ne croyais pas qu’une personne par amour pouvait tomber si bas, ou s’envoler si haut. Je trouvais ridicule le fait de se supprimer au dépit de l’autre, de s’effacer pour l’autre et de vivre en l’autre.

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Et bien Gilles m’a permis d’ouvrir les yeux sur les sentiments amoureux. Quelque part dans le monde, l’autre moitié de nous, nous attend. Lorsqu’on ne croit pas en l’amour, c’est tout simplement car on ne l’a pas encore trouvé.

Outre ces vagues de sentiments que nous prenons en pleine tête, qui nous donnent aussi souvent les larmes aux yeux face à la justesse des mots employés, il y a aussi un côté sombre et mystérieux à l’histoire. Nous sommes sur les traces d’un psychopathe, qui terrorise notre capitale chérie. Les détails sont assez gores, déstabilisants, dignes des grands thrillers à la Chattam.

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Au même titre que les agents qui travaillent sur l’enquête, l’auteur nous torture les méninges pour essayer de mettre le point final à toute cette horrible histoire. Il joue tout aussi bien de nous qu’avec ses personnages, il parvient à nous troubler. On m’a souvent dit « un bon livre, c’est un livre qui nous fait réfléchir. Un bon livre, nous maintient éveillé ». L’affaire Aurore S ne m’a ni quittée durant mon sommeil, ni à sa fermeture.

Mission accomplie pour Gilles Milo Vacéri, l’affaire Aurore S à été un coup de coeur autant qu’un coup de poing pour moi!

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vert = très bon

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Les revenants T1 de seth Patrick

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Dans une petite ville française de montagne dominée par un immense barrage, les habitants abasourdis voient des membres disparus de leur famille revenir à la vie : le même jour, des personnes de tous âges, parfois décédées depuis des années, reprennent le cours de leur existence sans aucun souvenir de leur mort. Camille, 13 ans, tuée dans un accident de bus scolaire, Simon, qui s’était suicidé avant son mariage, Victor, un petit garçon mystérieux que personne ne semble reconnaître… Alors que chacun tente d’accepter l’impossible, des phénomènes étranges se produisent dans la ville et des meurtres sanglants, semblables à une série d’assassinats perpétrés dans la région sept ans plus tôt, terrifient la population.

Comment les habitants vont-ils faire face à cet incroyable phénomène qui suscite à la fois la joie, l’effroi et la jalousie ? Pourquoi ces revenants apparaissent-ils du jour au lendemain sans raison ? Et pourquoi eux en particulier ?

mon avis

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Le livre « les revenants » a été adapté en série télévisée sous le même nom

Très bonne surprise et découverte à la fermeture de ce premier tome qui marque le début d’une série qui je pense risque d’être épique. J’ai été totalement transportée dans l’histoire inventée et racontée avec brio par Seth Patrick. Et pourtant, au départ, ce n’était pas gagné. J’ai la plupart du temps tendance à confondre les personnages des romans entre eux, surtout quand ils ont dans leurs prénoms des consonances assez proches. Ce n’est donc pas entièrement la faute de l’auteur si j’ai été au début perdue entre les divers et multiples personnages que nous rencontrons dans cette histoire. Je confondais mère et fille, amants et amis…les-revenants-saison-2-canal-canal-plus Bref, j’avais beaucoup de mal à m’orienter dans ce dédale de ces nombreux personnages. (Voilà pourquoi d’ailleurs je lis la plupart du temps des livres dont la narration est à la première personne du singulier). Une fois bien acclimatée aux personnages et à l’ambiance, le reste coule pratiquement de source. Les débuts du livre, qui posent et consolident les bases d’une bonne histoire, sont véritablement lents. Les premiers chapitres ne recèlent absolument pas d’action… Je n’ai donc pas été plus que cela emballée de premier abord. Mais, il y avait quelque chose dans la trame de l’histoire et dans la façon d’écrire de l’auteur qui me faisait continuer ma lecture coûte que coûte. Les revenants m’a fait penser à la série télévisée les 4400 (série que je recommande fortement) et clairement, les deux trames se ressemblent vraiment énormément.

les_revenants_chapitre_2_ba_episodes_7_et_8__final__151014_ugc_34588_image_hDans les revenants, nous faisons la connaissance de plusieurs personnages qui vivent dans une petite ville. Chacun des habitants se connaissent et se côtoient, c’est un petit « village » typique français. Il y a quelques années de cela, la tranquillité de cette ville a été mise à rude épreuve puisque lors d’une sortie scolaire, la moitié des enfants de la ville ont péri dans un accident d’autocar. Après cette tragédie, la plupart des familles victimes ont préférées quitter la ville et laisser derrière eux le fantôme de leur enfants. Tandis que l’autre moitié, restante, se bat pour survivre à la perte d’un être cher. Les morts de l’autocar s’ajoutent à celles que connais chaque année la ville, les suicides, les accidents, les meurtres… Un jour, la petite Camille se réveille dans les hauteurs de la ville sans plus aucun souvenir de ce qu’il lui ait arrivé. Elle décide tant bien que mal de rentrer chez elle. Avec étonnement, lorsqu’elle franchie le pas de la porte de sa maison, sa mère la regarde  les larmes aux yeux. Comme si elle venait de voir un fantôme. En réalité, cette petite ville connaît alors un phénomène hors du commun : les morts reprennent vie. Leur résurrections s’acompagnent de secrets, tourments, drames. Ils déterrent avec eux les secrets bien enfouis des habitants de la ville. Et révèlent par la même occasion le « fond » et « l’âme » de chacun. Cependant, leur venue provoque des effets indésirables et surnaturels : panne d’électricité, meurtres, maladies… Et si les revenants étaient foncièrement mauvais ?

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Comme je l’ai stipulé plus haut, les premiers chapitres n’ont rien de bien intéressants. C’est  pratiquement à la moitié du livre que l’histoire prend de l’ampleur et est parvenue à me convaincre. Les revenants est un livre addictif : mais quand est-ce que sort la suite !?

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vert = très bon

Les pierres se souviennent de Véronique Perret-Vial

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Le commissaire Jacquier s’apprête enfin à déjeuner tranquille, quand un appel urgent le replonge en plein cauchemar.Un tueur en série, qui choisit ses proies dans la rue, vient de frapper après deux ans de silence. Un échec dans la carrière du commissaire qui n’a pas pu identifier le criminel. Ce qu’il ignore alors, c’est que cette fois, il va recevoir l’aide inattendue de Larra, jeune femme douée de capacités singulières…Au travers d’une enquête haletante, Larra et le commissaire Jacquier nous entraînent dans une traque sans merci au travers des différents paysages de Rhône-Alpes.

mon avis

Je tiens à remercier les éditions Baudelaire pour cet envoi

 Je pense que je n’ai jamais lu un livre aussi vite de toute ma vie, je l’ai littéralement dévoré ! Même si « Les pierres se souviennent » n’est pas le roman du siècle, j’ai cependant passé un agréable moment à le découvrir. L’auteure a su nous embarquer dans son monde sans fioriture, les mots coulaient presque de source. Si au départ, je trouvais l’écriture ainsi que la manière de narrer de l’auteure un peu trop simplistes ; je me suis vite acclimatée à ce style d’écriture qui finalement donne du charme au récit. Il n’y a pas une tonne de descriptions, les lieux, les paysages, les personnages ainsi que les meurtres nous sont présentés sans grand étalage. Il y a les détails nécessaires à la compréhension du lecteur, l’auteure n’en a ni trop fait ni trop peu. C’est le dosage parfait pour ne pas nous ennuyer et nous assommer avec de trop longues descriptions.

Et pourtant, je le disais plus haut, ce livre n’est certainement pas la perle rare. La trame de l’histoire reprend celles que l’on connaît pratiquement tous. C’est un scénario type que l’on rencontre dans nos séries policières fétiches (In les expert ou esprit criminel). Un agent de police travaille sur une affaire qui le turlupine : Un tueur en série sévit dans le sud de la France. Pour chaque meurtre, même mode opératoire. Seul détail : Il ne laisse jamais aucune trace derrière lui. Sans aucun début de piste, malgré une tentative infructueuse de profilage, l’enquête stagne. C’est un tueur fantôme.

C’est grâce à l’un de nos personnages principaux que l’espoir de boucler cette sordide histoire voit le jour. La jeune psychologue, Larra, semble avoir des aptitudes peu communes qui pourraient aider les policiers dans leur quête. C’est une sorte de médium qui est très sensible au passé… Elle voit, ressent et pressent des choses qui se sont déroulées dans le temps.

Le roman policier de base, se transforme ainsi en roman semi-fantastique. A mi-chemin donc entre la série télévisée Medium et esprit criminel. Avec étonnement, ce mélange des genres m’a bien plu et fonctionne excessivement bien. Certes, la chasse à l’homme (au tueur) n’est pas exaltante (nous anticipons les détails par avance) mais j’ai trouvé l’histoire tout de même bien menée. Même l’histoire d’amour qui naît entre Larra et un beau jeune homme (Je ne souhaite pas vous spoiler) ne m’a pas dérangée outre mesure. Généralement, je n’apprécie pas les romans où il y a de l’amour à foison pour la simple et bonne raison que les choses sont généralement trop précipitées. Ici, nous assistons à l’éclosion de l’amour. Les deux amoureux ne se jettent pas dessus dès le premier rendez-vous, il n’y a pas des « je t’aime » dès les premiers jours. Non, les personnages apprennent à se connaître, se retiennent malgré leur attirance physique évidente ! Et ça, pour moi, cela s’apparente à la réalité.

Autre point que j’ai bien apprécié, découvrir les lieux et les petits endroits « secrets » des villes que je ne connaissais pas. Avec l’auteure j’ai voyagé, j’ai visité et je me suis instruite grâce à ses nombreuses explications. Cela m’a presque donné envie de m’y rendre !

En conclusion, ne vous attendez surtout pas à un roman noir emplit de haine et d’horreur. Il n’y a pas d’hémoglobine, de meurtres bien sordides, de viols ni autres… Mais, préparez-vous à vous évader. Et même si l’histoire racontée est quand même dure, nous sortons de notre lecture conquis et heureux.

vert = très bon
vert = très bon