Panic – Le jeu de la peur de Lauren Oliver

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Les règles de Panic sont simples. Tout le monde peut participer. Mais il n’y aura qu’un seul vainqueur. » Carp, une petite ville minable de l’État de New York. Chaque été, tous ceux qui viennent de terminer le lycée peuvent participer à « Panic », une succession d’épreuves plus dangereuses les unes que les autres. L’enjeu est de taille : une cagnotte de plus de cinquante mille dollars. Personne ne sait qui a inventé ce jeu, ni qui en fixe les règles. Cet été, Heather entre dans la compétition par dépit amoureux, Elle pourrait, si elle gagne, quitter le mobile-home sordide où elle vit avec une mère paumée et droguée, et emmener avec elle sa sœur, Lily. Dodge, lui, a une autre raison de participer au Jeu de la Peur : venger sa sœur, qui a fini dans un fauteuil roulant, après une épreuve d’une précédente session de Panic. Manipulations, trahisons, révélations : cet été sera celui de tous les dangers.

mon avis

Lauren Oliver est l’auteur du fameux diptyque « délirium » un monde futuriste dans lequel l’amour y est  interdit -que je recommande fortement-. C’est une auteure qui m’avait beaucoup marquée par son talent inné de narratrice et à l’époque délirium avait été un véritable coup de coeur. J’avais donc hâte d’entamer un nouvel univers de cette même auteure. Cependant, si Panic ne m’avait pas été offert,je ne vous cache pas qu’il ne m’aurait pas plus que ça attirée. Je trouve la couverture assez simpliste et les variances de couleurs ne sont f7wikbbbk7y_x_5imw3uxe7celipas à mon goût. D’ailleurs, à bien y réfléchir cette couverture française ne reflète en rien le contenu et le propos même du livre. Je me suis aussi fortement éloignée des romans que propose Hachette dans sa collection Black moon pour la simple et bonne raison que la plupart sont destinés à un public âgé aux environs de 16 ans. J’ai eu quelques difficultés depuis quelques temps à lire ce genre car j’avais une envie irrépressible d’ailleurs, une soif de savoirs, que ce genre de livres ne me procurait plus.Cela ne veut absolument pas dire que les livres de la collection Black Moon sont nuls, qu’ils sont expressément tournés vers un jeune public, ou qu’ils sont gnian-gnian, ce n’est absolument pas ce que je sous entend. La preuve,sinon, je n’aurai pas entamé ce livre en question. Lecture qui s’est révélée à moi : après des semaines intensives de partiels et une année de lectures tout de même difficiles par leur thème, j’avais besoin d’un livre sans prise de tête, avec un peu d’action, qui se lise en une journée.

cvt_addict_8148Panic surfe sur la vague qui faisait fureur il y a un moment des suites d’Hunger games. Il m’a beaucoup fait penser à « Addict » qui avait été adapté sous le nom de « nerve » au cinéma. Panic est un jeu d’été qui fait frissonner des jeunes d’une petite bourgade. Personne ne sait qui a inventé ce jeu, ni même qui le surveille/le contrôle.Les jeunes qui y participent doivent relever les défis les plus fous et les plus dangereux. A la clé, un seul gagnant, et une belle somme. Malgré les vestiges dramatiques des saisons précédentes (un grave accident de la route ayant rendu une concurrente paraplégique),le jeu fait sensation auprès des jeunes en quête d’action. Heather, qui pourtant est d’un naturel craintif (et un peu plus intelligente), se décide à participer pour la première fois au jeu en compagnie de sa meilleure amie Nat. Nous suivons donc ses péripéties en parallèle de celle d’un personnage masculin : Dodge, qui garde rancune contre ce jeu.

Le livre est plaisant à lire sans toutefois être transcendent. Les évènements sont certainement un peu lents à se mettre en place, l’action parfois plate. Il n’y a pas un bon équilibre entre les chapitres :plusieurs chapitres seront extrêmement longs et lents quand d’autres se dérouleront vraiment vite voire trop vite.Le changement narratif,des points de vue, n’a aucun impact sur notre lecture. La troisième personne est toujours constante Quel que soit le PDV auquel nous nous trouvons, du fait le découpage en chapitre (qui nous indique toujours sous quel PDV nous sommes) ne sert strictement à rien. Les personnages ne sont ni attachants ni « attachiants », je n’ai pas réussi à me projeter complètement à leurs côtés. Le personnage d’Heather est un personnage type : la gentille fille modèle devenant une femme rebelle. Nous retrouvons donc un schéma essentiel : celui du vieillissement/changement psychologique du personnage principal. Si ce changement n’a pas été perspectible concernant Dodge, il l’a clairement été pour Heather ce que j’ai beaucoup apprécié. Heather au début du livre était une gosse perdue, qui se cherchait, puis à la fin elle s’est enfin trouvée. 16b790b8Si comme peut l’indiquer le titre « Panic » l’on pourrait penser tomber dans une véritable tourmente, à la limite du livre d’épouvante, les défis relevés par les adolescents sont à la hauteur de mes attentes  : ni trop hard,  faisables, et non tirés par les cheveux. Certains lecteurs ont déploré le manque d’épreuves terribles, accusant qu’il n’y ait pas assez d’hémoglobine ni quoi que ce sois. Personnellement, je pense que les défis étaient bien dosés et bien imaginés, qu’ils auraient pu faire réellement peur au lecteur. Le principal bémol, c’est certainement la narration : qui ne fait pas assez passer de sentiments à son lecteur. La peur, l’étonnement, la colère, les difficultés que les personnages vivent ne sont pas assez enveloppés par la narration, ni même portés pour nous faire sentir ce que l’on devrait sentir au moment des fameux défis.

Autre manquement, qui a certainement fait plonger le récit dans une forme d’invraisemblance, c’est l’absence des adultes/des parents des personnages. Certes, les personnages principaux vivent dans un milieu difficile (alcoolisme, absentéisme…). Le problème des parents a été éludé en nous imposant une structure familiale en perdition. Nous pouvons donc comprendre l’absence des parents des deux personnages principaux.Mais où sont ceux des personnages secondaires ? Ceux de Nat, ceux du meilleur ami ? test-need-for-speedLes gosses sont jeunes, mais livrés à eux même. Et cela donnait l’impression que les personnages étaient tout simplement plus vieux qu’ils ne l’étaient. Point d’interrogation concernant la présence (ou non d’ailleurs) de la police, très présente dès le début du roman lors de rapts en pleins jeux qui bouleversent les joueurs, mais brillante par son absence à la fin du récit…

C’est une lecture qui n’est pas la meilleure du monde, elle révèle beaucoup de petites imperfections. Cependant, la trame de l’histoire (bien que beaucoup exploitée du fait de la mode) embarque le lecteur d’une manière ou d’une autre. Nous tournons les pages pour connaître le fin mot de toute cette histoire, même si nous anticipons chacun des évènements, lire nous procure une sérénité non estimable. C’est un livre plaisant, que l’on ne retient pas en mémoire, qui finalement nous laisse assez dubitatif. C’est un roman égal : ni bon, ni mauvais.

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orange = moyen

Le crépuscule royal de Westley Diguet

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Elle est belle, talentueuse et à l’écoute.
Il est beau, puissant et l’héritier d’un trône maudit.
Ensemble, ils pourraient mener le Royaume à sa perte.

Il y quasiment trois cent soixante-dix ans est survenu ce que nous appelons « le Grand Cataclysme ». Une série de trois plaies qui changèrent la face du monde. Les États-Unis, et plus généralement le continent américain, n’existent plus, l’Afrique a été ensevelie sous les eaux et la Russie et l’Asie forment un immense brasier qui ne s’éteindra jamais. Du monde, il ne reste que l’ancienne Europe, des pays de cette alliance politique, il ne reste rien.
Henri Grace s’apprête à succéder à son père sur le trône d’Europa, la nouvelle Europe. Il est jeune, beau, mais cache un terrible secret. Lisbeth est sur le point d’entrer au service de Sa Majesté en qualité de costumière et elle n’imagine pas un seul instant dans quel enfer elle se jette. Tandis que les Anarchistes continuent de combattre la Monarchie des Grace, des sentiments puissants vont naître et déclencher ce que le jeune roi redoute. Que  faire,  abdiquer  et laisser les derniers survivants mourir ou accepter cette effroyable mission ? Comment sauver Europa sans y perdre son âme ? Henri trouvera-t-il le soutien aux côtés de Lisbeth et de son oreille attentive ? Une chose est sûre cependant, Europa ne survivra pas sans que ne coule le sang…

mon avis

spN’hésitez surtout pas à cliquer ici, pour découvrir le chapitre un du livre (le design de la mise en page  est superbe, foncez!)

Je remercie les éditions Gloriana pour ce premier service presse qui me faisait de l’oeil, qui débute aussi à merveille une bien belle aventure!

8ec11d1698149b1d0ea2f1b53c7108f4Westley Diguet est un auteur au nombre incalculable de publications que je voulais au moins une fois dans ma courte vie pouvoir lire.Son univers un peu fantastique/fantasy me correspond parfaitement… Et forcément, quand on entend que du bien sur un auteur, on se laisse prendre au jeu du bouche à oreille!

Le crépuscule royal nous embarque de multiples années après notre ère dans un monde ayant été décimé par une forme d’apocalypse. Le reste du monde a été rasé, seul le royaume d’Europa, pour une raison mystérieuse,  a été sauvé. La monarchie est restaurée tout comme ses usages et coutumes (voir costumes!). Nous sommes donc plongés au coeur d’un récit futuriste/utopique, ayant pour bases et valeurs des éléments historiques. C’est un mixte tout à fait alléchant et pour le moins innovant. Nous suivons donc, d’un côté, les aventures de la famille royale Grace, avec à sa tête le jeune Henri, qui lutte contre un groupuscule d’anarchistes menaçant la couronne ainsi que  contre une tragique malédiction. De l’autre côté, nous rencontrons une jeune costumière  travaillant pour la couronne répondant sous le doux surnom de Lisbeth.

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Avant toute chose, même si je n’ai en ma possession que la version Ebook, je tiens à souligner le formidable travail éditorial effectué autour du livre. C’est un livre objet sublime, une couverture attrayante qui représente à la perfection l’histoire en elle même ainsi que les personnages comme l’on pourrait se les imaginer lors de notre lecture, un lexique nécessaire nous présentant les différents personnages ainsi que leur fonctions, une carte de l’univers… Bref, le livre est un véritable outil commercial qui fait effet. (Bravo à l’illustrateur : Nicolas Jamonneau pour ce travail réussi!). Je retiens tout particulièrement les belles citations en début de chaque chapitres des personnages importants qui ont contribué à notre société français (Louis XV et compagnie)

9e5de2327f81fabe7c91e5247c8ce4feMon avis sur cet ouvrage est assez mitigé. Si j’ai trouvé le concept de ce futur ancré dans un retour aux sources/à l’ancien très innovant, plusieurs choses m’ont finalement dérangé. J’aime beaucoup l’aspect historique, les costumes, les descriptions, les lieux ainsi que la façon de parler des personnages de l’époque, ce qui  me procure une certaine nostalgie. C’est beau, c’est noble, et cela finalement en « jette un max ». C’est tellement dommage d’avoir perdu autant de prestance, d’avoir abîmé notre si belle langue et nos si jolies coutumes. Le milieu aristocratique, monarchique, me plaît beaucoup et j’adore le rencontrer dans les livres. Cela me fait immédiatement voyager et rêver. Oui, revenons au temps où les princes et princesses existaient ! Le décor du crépuscule royal ne pouvait donc que me plaire, moi qui étais dans une ancienne vie une duchesse !

Cependant, j’en arrive assez rapidement au premier point qui m’a un peu chiffonnée. Retrouver un thème que j’affectionne tant (historique) dans un futur hypothétique était une très belle idée. Mais, finalement ce thème a donné un aspect quasiment invraisemblable au texte. Est-ce possible de retourner à la monarchie en ayant goûté à la modernité? Alors certes, le monde a été décimé ce qui a permis une certaine forme de renouveau par la fondation d’une nouvelle ville/d’une nouvelle ère. Mais, que faisons nous des innovations et des nouvelles technologies, du savoir faire, du savoir vivre acquis au 20 ième siècle ? Est ce probable qu’à l’heure d’aujourd’hui, Quel que soit le contexte, nous accepterions de régresser et de retrouver un monde si réglementé  par un système de castes ? Est ce possible que les femmes, ayant un jour goûté à cette liberté d’être et d’exister, puissent quel que soit le contexte accepter de redevenir soumises aux hommes ? Est ce pensable que notre langage écrit comme oral moderne puisse redevenir celui de l’époque ?

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Ce sont ces questions,certes personnelles, qui finalement ont terni ma lecture. J’attends donc avec impatience pouvoir en discuter plus en détails avec l’auteur! C’est une chronique assez spéciale et difficile à écrire, puisque, j’ai du mal à rassembler clairement mes idées. C’est un livre, finalement qui a fait son effet : puisqu’il m’a fait tergiverser. Dans le bon,comme dans le mauvais sens. La trame de l’histoire est  bonne : les personnages principaux sont attachants, les décors attrayants, l’action révélatrice d’un quelque chose en devenir.  Cependant, la trame n’a pas été assez étoffée ce qui a fondu l’ouvrage quelque peu dans l’ombre.  L’ouvrage est beaucoup trop court pour l’abondance des informations qu’il recèle et surtout au regard de son potentiel.  J’aurai apprécié avoir d’autant plus de détails sur l’avant apocalypse, des éléments sur la conquête de cette nouvelle ville Europa ainsi que sa construction, des informations sur la consolidation de la monarchie et sur la mise en place de celle ci au sein du royaume… Finalement, j’ai eu l’impression d’avoir toujours été en retrait dans ma lecture, que rien n’allait en profondeur des choses. catalogue-victorienneTout est centré sur une romance, qui tout comme la narration, va beaucoup trop vitre à mon goût. Le reste, qui était fort attrayant, est complètement fondu et inexploité. Par exemples, la présence des anarchistes qui aurait pu mettre du baume à l’action, mettre à mal cette monarchie, n’est elle non plus pas assez exploitée alors qu’elle aurait pu avoir un réel impact sur la tournure des événements. La romance entre les personnages est peut-être un peu trop simpliste et facile d’accès, les personnages se retrouvent trop vite, ils n’ont pas connu assez d’obstacles pour réellement faire rêver le lecteur. Les personnages sont peut-être un peu trop « typés », c’est à dire qu’ils n’ont pas de trait important (attachant ou non) qui survient et qui « tape à l’oeil ».Finalement, j’en reviens à un point qui m’est essentiel dans un livre,et je sais que beaucoup ne partagent pas cet avis : pour que j’apprécie un livre il me faut de la substance. Des tonnes et des tonnes de pages à engloutir, diverses descriptions (quitte à en faire trop) pour pouvoir m’immerger. Je pense souffrir d’un terrible manque d’imagination, ou alors de flemme évidente, il faut que l’auteur me mâche le travail pour que je réussisse réellement à vivre son histoire et en faire mon histoire.

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Et en même temps, chose étonnante et qui contredit en tout point le début de ma chronique. J’ai quand même lu avec avidité et enthousiasme cette aventure. Alors certes, je suis en retard sur mon deadline imposé (en retard simplement pour rendre ma chronique, ma lecture a été plus ou moins rapide…) mais j’ai apprécié cette simplicité, cette presque candeur dans le récit. Le personnage féminin est un petit bonbon, c’est une pincée de vie, et malgré tout elle nous donne le sourire. L’amour partagé entre les deux protagonistes est tellement sincère, qu’il en devient vraiment touchant. Le texte finalement prend vite des allures de conte de fée. Et c’est vrai, que vu sous cet angle là, l’ensemble des points négatifs relevés plus haut sonnent faux. Car, un conte de fée amène forcément diverses interprétations possibles et imaginables, met en son coeur le récit d’un amour soumis à une malédiction, attribut aux personnages des vertus honorifiques et ne recèle en rien de purement horrible/négatif… C’est un ouvrage bouffée d’oxygène, ni plus ni moins, il redonne foi en l’amour et parvient à nous faire croire aux princes et aux princesses.

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orange = moyen

La prochaine fois,je viserai le coeur

Synopsis  :

Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes.
Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.

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La prochaine fois, je viserai le coeur est un film dont j’ai beaucoup entendu parler : en bien,puis en mal. J’étais très intriguée par le film,puisque tout d’abord il relate des faits réels, ou du moins s’en inspire (cf : l’affaire Alain Lamare) et enfin n’est autre qu’une 51f3wfayr7l-_sx195_adaptation cinématographique du livre « Un assassin au dessus de tout soupçon ». C’est un thème sur la narrative non fiction que j’affectionne tout particulièrement, que j’ai longuement (mais pas assez) étudié pendant mes cours. C’est un fait assez dérangeant puisqu’il s’agit de véritables faits, d’une véritable histoire horrible et terriblement dramatique. Le fait d’assimiler ce thriller/policier à la réalité fait parfois froid dans le dos, surtout quand l’acteur principal (Guillaume Canet) joue à merveille le dérangé,le tueur en série fou. S’il y avait beaucoup de longueurs à certains moments, c’était quand même un assez bon film qui tient en haleine à chaque instant. Je ne souhaite pas vous expliquer l’histoire puisque dès les premières images nous comprenons les tenants et aboutissants de toute cette rocambolesque histoire. Je vous dévoile simplement les grandes lignes : il s’agit d’une enquête sur une multitude de meurtres ou tentatives de meurtres perpétrés dans une petite commune par un fou furieux…

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Télé verte = très bon

Le royaume de ce monde – Alejo Carpentier

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Les données historiques qui servent de point de départ à ce roman – la révolte des Noirs de Saint-Domingue, suivie de l’exil des colons à Santiago de Cuba ; le gouvernement du général Leclerc, beau-frère de Napoléon ; le surprenant royaume noir de Henri-Christophe – ne doivent pas nous égarer sur son véritable sens. C’est une chronique par certains côtés ésotérique sur quoi plane l’atmosphère maléfique du Vaudou. Mackandal, le sorcier manchot, envoûte tous les animaux de l’île et les fait périr. Les colons ne tardent pas à subir le même sort. L’envoûtement se mêle à la farce et le ridicule s’achève dans le sang. L’image de la belle Pauline Bonaparte faisant masser son corps admirable par le nègre Soliman se détache sur ce fond d’incendie et de meurtres.

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350px-saint_domingue_mole_saint_nicolas_1780Je m’excuse par avance si cet article  à l’aspect d’exposé historique ne vous intéresse pas.  Cependant, j’estime que la littérature sert de tremplin à notre culture et qu’il est parfois bon de partager nos connaissances aussi infimes soient elles. J’espère que ce thème, grand pan de notre histoire, vous passionnera autant qu’à moi même! Le royaume de ce monde fait partie de l’une des œuvres que j’étudie en cours. Le thème étant la rébellion des esclaves noirs, plus particulièrement à Saint-Domingue.

Dans la nuit du 22 au 23 août 1791 éclate une violente insurrection à Saint-Domingue, colonie française des Antilles. Esclaves noirs et affranchis revendiquent la liberté et l’égalité des droits avec les citoyens blancs.

C’est le début d’une longue et meurtrière guerre qui mènera à l’indépendance de l’île ; la plus grande révolte servile de l’Histoire… et la seule qui ait réussi.

Lien de l’article : ici

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J’ai beaucoup appris avec avidité sur cette période de notre existence si honteuse… Nous nous plaçons à travers le personnage de Ti-noel, un esclave, qui va de près ou de loin vivre les différentes étapes à la conquête de la révolution haïtienne. Alejo Carpentier se place du côté/en faveur de la négritude : un courant favorisant la littérature « haïtienne » et replaçant l’esclave au coeur de la tourmente des différentes révoltes menées.

Le terme négritude désigne l’ensemble des caractéristiques et valeurs culturelles des peuples de race noire, revendiquées comme leur étant propres, ainsi que l’appartenance à cette race. Il a été créé vers 1936 par le poète et homme politique français Aimé Césaire (1913-2008) pour se placer du côté du ressenti des personnes de couleur noire et pour s’approprier la meurtrissure infligée par l’Histoire

johngabrielstedman-selfportrait_engravedbybartolozzi_from_narrativeofafiveyears_-againsttherevolBeaucoup de romans ont été écrits sous le point de vue des colons, les vaincus, et peu donnent du crédit aux esclaves : toujours caricaturés à souhait, trop passifs, trop agressifs… Alors que semble-t-il,non, les esclaves n’ont pas été passifs. Oui, par le biais d’actes de marronnage (petite marronne,ou grande marronne), ils ont contribué à libérer leur peuple et à parvenir à l’abolition de l’esclavage.

Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître en Amérique, aux Antilles ou dans les Mascareignes à l’époque coloniale. Le fuyard lui-même était appelé marron ou nègre marron, negmarron, voire cimarron (d’après le terme espagnol d’origine).

Comme cité plus haut, nous suivons Ti-noel tout au long de sa vie, de sa jeunesse lorsqu’il est esclave pour la plantation de Mr.Lenormand de Mézy, aux premières révoltes fondées/débutants au bois caïman, puis quand l’indépendance est déclamée, pour enfin parvenir jusqu’à sa mort propre mort.

La cérémonie du Bois-Caïman est une réunion d’esclaves marrons la nuit du 14 août 1791, considérée en Haïti comme l’acte fondateur de la révolution et de la guerre d’indépendance. C’est le premier grand soulèvement collectif de Haïti contre l’esclavage.

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François Makandal fait apparition dans le jeu Assassin’s creed libération

Il est question de vaudou, de croyances, de rites, d’espoir et de combat : combat pour une liberté qui n’aurait jamais du être bridée. A travers de grandes figures tels que Makandal, Boucman.. Ou même Pauline Bonaparte, nous connaissons mieux l’histoire et les plaies de nos origines.

François Mackandal, Macandal ou Makandal (en créole haïtien : Franswa Makandal), mort à Cap-Français (actuel Cap-Haïtien) le 20 janvier 1758, est un esclave marron, meneur de plusieurs rébellions dans le nord-ouest de l’île de Saint-Domingue.

Malgré mon visible enthousiasme pour ce thème particulier et après lecture et relecture intensive … Je me demande si,sans l’apport de ma prof, si je ne serais pas passée totalement à côté du roman. Il y a énormément de connaissances à engendrer avant ou pendant notre lecture, pour pouvoir cerner et comprendre les éléments qui se jouent devant nous. Sans ces connaissances là, que le livre en lui même ne nous apporte pas forcément,  je pense tout simplement qu’il m’aurait été très difficile de le refermer. Les phrases sont longues, l’histoire plate, et les personnages distants. Cependant après quelques recherches personnelles pendant votre lecture (si vous ne comprenez pas l’entièreté des éléments historiques présents dans l’ouvrage) : je peux vous affirmer que c’est un livre qui mérite de s’y plonger  pour le simple plaisir/devoir de mémoire. Il faut savoir aussi parvenir à passer outre cette couverture horrible qui ne donne certainement pas envie, une fois ce préjugé loin de vous, vous ne regretterais pas votre découverte 😉

Raid dingue, de rire ?

Synopsis :

Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle s’entraîne sans relâche pendant son temps libre pour réaliser son rêve: être la première femme à intégrer le groupe d’élite du RAID…

mon avis

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Raid dingue est le nouveau film écrit,réalisé et interprété par Dany Boon . Mettant en avant le dure métier de nos protecteurs  du quotidien d’une approche aussi rigolote que dans bienvenue chez chtis: Dany marque ici un nouveau long métrage fort en émotions.raid-dingue-7 Mêlant action, blagues et suspens à gogo : c’est selon moi une véritable réussite. Si ce n’est pas LE film du siècle, Raid Dingue se laisse regarder avec le sourire aux lèvres et les yeux brillants de larmes -de rire-. Dany a laissé l’écran à ses comparses , même s’il en a profité pour nous dévoiler sa belle et nouvelle musculature, dany s’est un peu effacé pour laisser briller sur scène la talentueuse Alice Pol. Attachante et pétillante elle a assuré son rôle principal à la perfection! Alice Pot incarne un personnage plutôt niais : Johanna Pasquali fille d’un éminent personnage politique. Elle n’a qu’un seul rêve : entrer dans le RAID (force spéciale de la police). Oui mais voilà… Johanna ne semble pas faite pour l’action : empotée, idiote, elle ne parvient pas à être accepté au sein du RAID d’autant plus que c’est une section remplie d’hommes. Avec persévérance et acharnement, Johanna parvient enfin à réaliser son rêve et deviendra la première femme du RAID. Vous vous imaginez donc que Pasquali reste fidèle à elle même, même au sein du RAID une arme à la main…

La guerre de Louise 1914-1921 de Sylvie Arnoux

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L’histoire de villageois lorrains déportés civils en Allemagne en 1914 Leur parcours jusqu’en 1921 – otages dans leurs propres villages – déportés dans les camps en Allemagne – rapatriés par la Croix-Rouge via la Suisse – réfugiés dans le Sud de la France: Drôme etc Puis, pour certains, le difficile retour dans leurs villages détruits LE POINT DE DÉPART : LOUISE COLLIGNON En découvrant les « carnets de guerre » de Louise, déportée à 17 ans, l’auteur a plongé brutalement dans le drame vécu par des milliers de civils lorrains en 1914. Louise témoigne avec les armes de son âge : l’ironie et l’humour qu’elle distille dans des poèmes et des chansons ! Louise ne passe que 3 mois au camp d’Amberg, mais cette déportation est le point central de son parcours dans la guerre, qui ne s’achèvera qu’à son retour à Herbeuville, son village lorrain. L’HISTOIRE DE MILLIERS DE FAMILLES Pour comprendre cet épisode méconnu de la Grande Guerre, Sylvie ARNOUX a refait le parcours de ces familles, de la Lorraine au sud de la France, en passant par l’Allemagne et la Suisse. Croisant une multitude de témoignages retrouvés dans les archives, tant en France qu’en Allemagne, elle reconstitue cet incroyable parcours qu’elle nous livre illustré de nombreux récits et images inédites. Après neuf années dans les pas de Louise, sa grand-mère, elle invite les lecteurs à la suivre dans « la guerre de Louise »

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Je remercie de nouveau Babelio et les éditions entre temps pour cet envoi!

Lors de la dernière masse critique organisée par Babelio, j’avais opté pour cet ouvrage qui m’appelait de par sa couverture : un dessin d’antan représentant pour la plupart les plus faibles (femmes et enfants) devant une petite cabane. Leur mines sombres et leur regards tristes nous en disent long sur la « vie » qu’ils mènent à ce moment précis. En premier plan, une bonne femme aux traits secs et au regard vague, qui me semble-t-il n’est autre que Louise,la protagoniste de cet ouvrage.Le  titre aussi m’intriguait : j’ai beau chercher dans ma mémoire, la 1ère guerre mondiale de 14-18 nous l’avons survolée au collège puis mise de côté pendant16933479_1640333179594774_312436741_n l’intégralité du lycée! Lorsque j’ai reçu le livre quelques jours après avoir été sélectionnée par Babelio, j’ai vraiment été positivement étonnée par le livre-objet (que j’ai d’ailleurs montré à toute la famille!) : de forme rectangulaire, près de 191 pages, des centaines de documents sources… C’est une véritable petite pépite qui vaut  ses 23€.

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Louise et sa mère

Sylvie Arnoux nous y livre certainement l’une des plus belles façons de rendre hommage d’une part à sa grand-mère, d’autre part aux autres victimes des massives déportations de prisonniers civils en Allemagne. Nous suivons donc à travers le carnet « de voyages » de Louise Collignon les parcours de ces déportés civils contraints au travail forcé pour/par les allemands. Nous voyageons alors depuis Herbeuville, en passant par de multiples camps de concentration comme celui d’Amberg, pour finir à Saint Vallier. Un petit récapitulatif historique aurait peut-être été apprécié avant d’entrer dans le vif du sujet, c’est le seul regret que j’émets envers cet ouvrage.

Une contextualisation est donc de mise pour que vous comprendre l’étendue de ce livre ainsi que ses enjeux.

C’est un véritable travail du diable qui a été mené par l’auteur pour rassembler et faire vivre une histoire déjà vécue, rassembler les éléments pour les mettre en récit sans dénaturer si porter préjudice aux vraies personnes qui inspirent l’oeuvre. C’est un ouvrage qui a été élaboré avec le coeur, c’est ce qui en ressort de notre lecture, la passion et l’engouement nous contaminent.16833370_1640333046261454_435078518_oL’écriture de l’auteur n’est pas fameuse,elle est plutôt scolaire, elle tatillonne encore et pourtant, je n’ai pas eu de mal à suivre le fil conducteur et à m’immerger totalement dans le monde qu’elle voulait nous faire entrevoir : j’ai vu et ressenti la famine,la peur, la colère, l’indignation… Mais j’ai aussi perçut ce sentiment qui fait vivre:l’espoir d’un jour meilleur. C’est une très belle initiative que de mettre en lumière non plus nos soldats,mais les soldats de l’ombre : les civils. 16880604_1640332889594803_1323889268_oEt un très bel héritage familial qui nous a été dignement et généreusement donné. C’est comme une mise à nue de Sylvie Arnoux et une mise en lumière de Louise : femmes courages. Les documents,les photos,les chants… donnent une impression de valeur inestimable, rendant le livre plus précieux qu’il ne l’était avant : c’est un pan de notre histoire méconnu que nous nous devons de connaitre et reconnaitre. C’est un livre qui pourrait très bien faire l’objet d’études en classe, ludique, très informatif (quoique un peu vaste sur certains sujets) et surtout terriblement bien documenté. Témoignage fait en 2 temps par le biais de 2 voix : l’une avangardiste,l’autre révolutionnaire. C’est finalement Louise qui a permis la reconstitution de ces faits/éléments grâce à son précieux journal intime, elle a su susurrer ses mots au creux de l’oreille de sa petite fille!

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Sincèrement et objectivement, j’ai découvert une nouvelle maison d’édition (entre-temps) que je ne connaissais absolument mais qui semble signer toujours des ouvrages dans la même veine que celui-ci! Une ME donc qui pourrait fortement me plaire…

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vert = très bon