La colline aux esclaves de Kathleen Grissom

 

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résumé

 

À 6 ans, Lavinia, orpheline irlandaise, se retrouve esclave dans une plantation de Virginie : un destin bouleversant à travers une époque semée de violences et de passions…
En 1791, Lavinia perd ses parents au cours de la traversée les emmenant en Amérique. Devenue la propriété du capitaine du navire, elle est envoyée sur sa plantation et placée sous la responsabilité d’une jeune métisse, Belle. Mais c’est Marna Mae, une femme généreuse et courageuse, qui prendra la fillette sous son aile. Car Belle a bien d’autres soucis : cachant le secret de ses origines, elle vit sans cesse sous la menace de la maîtresse du domaine. Ecartelée entre deux mondes, témoin des crimes incessants commis envers les esclaves, Lavinia parviendra-t-elle à trouver sa place ? Car si la fillette fait de la communauté noire sa famille, sa couleur de peau lui réserve une autre destinée.

 

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La colline aux esclaves est ce genres de romans qui nous laissent tellement estomaqué, sans voix, qu’il nous est pratiquement impossible d’en écrire une chronique constructive.
L’auteur nous fait passer par une incroyable palette de sentiments, il est ainsi très difficile de réaliser la prouesse de décrire ce livre en à peine quelques mots. Je tiens à remercier avant tout les éditions Charleston de m’avoir permis de découvrir une telle œuvre. Grandiose. Splendide. Sublime. Merveilleuse tout en étant à la fois absolument Affreuse. Voilà les quelques mots qui me viennent à l’esprit à la fermeture de ce roman pour résumer cette tuerie. Vous l’aurez tous compris, la colline aux esclaves est un véritable coup de cœur pour moi.

1619-1865 des dates importantes qui ont marquées l’Histoire entière. La colline aux esclaves pourrait très bien concurrencer « La couleurs des sentiments », « Twelve years a slave » ou encore « Django unchained » puisqu’il s’inscrit lui aussi dans cette thématique qui me passionne autant qu’elle me rebute : L’esclavage. Nous voyageons donc dans le temps, aux alentours des années 1791. Une petite plantation de tabac, se nommant Tall Oaks – qui se situe non loin de Philadelphie, – est prospère. Nous faisons la connaissance de nos personnages, qui au fil des pages deviennent assez vite comme des membres de notre propre famille. Mais avant tout, nous rencontrons le personnage de Lavinia (l’un de nos personnages principal dont nous on nous expose son point de vue). Petite fille d’à peine 7 ans, blanche, et déjà orpheline charme tout de suite le capitaine Pyke qui la ramène sans hésitation chez lui,à Tall Oaks. Lavinia est alors confiée aux soins des esclaves de la maison. Malgré des débuts difficiles pour se faire accepter, Lavinia –surnommée Abinia – par sa nouvelle famille d’adoption va apprendre à devenir une bonne « esclave » grâce aux conseils de Mama Mae,de Belle (personnage important qui s’exprime elle aussi dans le récit) et des autres. Cependant, Lavinia est une Blanche et sa place n’est pas parmi les noirs. Elle doit prendre son envol et quitter son nid d’oiseau pour être la maîtresse d’une grande maison et exercer son autorité sur les esclaves.

 Les premières pages, les premiers chapitres, nous desservent une histoire des plus jolies. Lavinia est entourée d’un halo d’amour et de tendresse qui nous laisse présager le pire pour le restant du récit. Les jours sont heureux sous la surveillance du Maître de maison James Pyke, un homme voyageant beaucoup mais qui détient un grand cœur : Il traite pratiquement ses esclaves de manière honorable.  Au début, le récit, qui nous est raconté à travers les yeux candides de la petite Lavinia,qui n’a que 7 ans, nous apparaît alors comme guillerette. A l’image de la petite, nous sommes dans le flou concernant certaines histoires de « grands » et sommes nous aussi revenus à ce temps de l’insouciance. Nous sommes conscients que quelque chose se trame mais nous nous fions au réconfort que nous procurent les adultes.  L’histoire à travers ses yeux enfantins n’est pas aussi tragique qu’elle n’y paraît. Cependant, le livre est construit de façon à ce que nous grandissions et mûrissions avec nos personnages. Nous les suivons donc du début jusqu’à la fin, nous les voyons grandir, souffrir, mûrir et partageons leur joies ainsi que  leur tristesses. J’ai particulièrement aimé cet aspect là. Cela m’a permis de mieux m’attacher à ces personnages et de développer des sentiments à leurs égards. Sur ce laps de temps, nous sentons la tension s’intensifier au fil des pages et des années pour ensuite nous éclater à la figure à la dernière toute dernière page. Lavinia grandit et Lavinia comprend, subit.

« La colline aux esclaves » c’est avant tout un témoignage en l’honneur des brimés. Les noirs ont été les premiers à en pâtir. Frappés, humiliés, tués, réduits à néant : nos personnages ont tout de même conservés leur humilité. Offrant le peu qu’ils avaient à offrir et accordant leur pardon même à ceux qui ne le méritait pas, s’occupant des bébés des « blancs » comme si c’était les leurs.  Lorsqu’on sait que cette histoire est peut-être celle de quelqu’un de « réel », nous avons une petite larmichette qui nous monte à l’œil. Leurs vies ont tellement été saccagées qu’il est difficile de penser qu’un être humain ait fait subir cela à un autre être humain. Parfois, la bêtise de l’humanité me dépasse. Ce livre est un retour aux sources et nous permets de ne pas oublier. Ne pas oublier nos péchés, nos erreurs pour ne pas les recommencer. Et encore ! Lorsqu’on voit dans les faits divers que des personnes aux Etats-Unis refusent qu’une personne de couleur monte dans un métro, ça me révolte au plus haut point !

« La colline aux esclaves » a pour thème principal l’esclavage, certes mais pas que. Il se positionne du côté des esclavagistes que l’on voit pour la plupart d’un nouvel œil. Rien n’excuse leurs actes, mais pour la plupart ce sont des barbares car ils ont été élevés pour l’être. Ce livre défend aussi la position/condition des femmes de l’époque. Pour la plupart, elles ont toutes connues des drames mais tiennent toujours debout, on ne sait pas comment. Femmes fortes et combattantes certes, mais cela ne suffit pas. Elles sont sous l’autorité des Hommes qui les rabaissent et n’hésitent pas à en abuser. A l’époque, elles n’étaient que des « ventres » faites pour enfanter ou procurer du plaisir. Comme je suis fière de vivre à mon époque ! Ce livre nous donne une leçon de vie. Nous sommes toujours là, à nous plaindre. Mais nous oublions tout le reste. Nous oublions l’Histoire, nous oublions les combats passés pour notre liberté. Nous oublions Belle, Mama Mae, Oncle Jacob… Des personnages fictifs, certes, mais qui sont certainement les porte-parole de véritables personnes restées dans l’ombre mais qui ont subies le même sort qu’eux. Donc merci à l’auteur pour ce partage, pour cette histoire certes triste mais magnifique par sa portée !

coup de coeur

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4 commentaires sur « La colline aux esclaves de Kathleen Grissom »

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